En 2009, dans le Loiret, nous comptions 9400 associations tous secteurs confondus. Une association est la réunion de deux ou plusieurs personnes ayant un but, un intérêt commun, autre que de partager des bénéfices. Il est néanmoins nécessaire de subvenir aux dépenses courantes de l’association ; loyer d’une salle de danse, salaire d’un professeur, factures téléphoniques ou tout simplement chauffage. Ainsi, le caractère désintéressé interdisant la distribution de bénéfices - dits excédents - aux membres, n'implique pas que l'activité soit déficitaire ; un excédent peut servir à développer l’activité. La recherche d’équilibre entre dépenses et recettes représente le quotidien de toute association. Cet aspect économique pourrait-il, à lui seul, rapprocher le monde associatif du monde de l’entreprise ?
La comptabilité et la gestion d’une association ressemblent à celles d’une entreprise. La surveillance des comptes par un expert comptable n’est pas systématique au sein d’une association, mais elle permet l’établissement de comptes fiables et assure une présence rassurante pour les partenaires économiques et notamment ceux intervenant au titre des subventions. Dans le monde associatif, plus qu’ailleurs, savoir comment sont réparties les recettes des dons est souvent la question clé. Le commissaire aux comptes a également son rôle à jouer. Il existe des seuils et des obligations pour les associations au même titre que pour les entreprises. La loi oblige, en effet, à nommer un commissaire aux comptes dès lors que les subventions perçues par l’association s’élèvent à un montant supérieur à 153 000 euros. Les subventions existent mais leur attribution est très réglementée et la majorité des associations vivent sans.
Prenons le cas d’une association lambda qui fonctionne sur deux modèles économiques : le bénévolat et le salariat. L’association est constituée d’un conseil d’administration comprenant les organes de base nécessaires à toute association : un président, un secrétaire et un trésorier. Ces responsabilités sont assurées, comme dans la majorité des associations, par des bénévoles qui s’engagent à faire avancer la cause de l’association. Par ailleurs, l’association a besoin de salariés pour rendre les services correspondant à son objet social. Ces salariés assurent une prestation équivalente à toute autre entreprise.
Il existe plus d’un million d’associations en France et depuis longtemps, ce réseau se développe et se structure. Les associations proposant de plus en plus des services facturables à une clientèle, ne risquent-elles pas d’empiéter sur des marchés actuellement dominés par le monde de l’entreprise ? Ces deux entités à priori opposées ne finiraient-elles pas par entrer en concurrence ? Rien n’est moins sûr. En effet, ces deux mondes entretiennent des rapports bien plus complexes qu’un simple rapport de concurrence.
Aujourd’hui, sans le secteur associatif, la situation économique de notre pays serait beaucoup plus dramatique qu’elle ne l’est déjà. En fournissant un certains nombre d’emplois salariés, le secteur associatif joue un véritable rôle de moteur économique. Il remplit également un rôle de lien social en redonnant une activité à des personnes qui n’auraient plus de raison de se lever le matin. Ces personnes retrouvent, au travers de l’action associative, le sentiment d’être utile à la société. Le domaine associatif demeure la voiture balais de notre société mais il en est également la lanterne. C'est-à-dire qu’il joue également le rôle de laboratoire économique, trop souvent sous-estimé.
Ce tiers secteur de l’économie reste pourtant entaché d’une image économique négative. Les termes d’amateurs et de quémandeurs sont encore trop souvent associés à ce domaine. Or, le monde associatif n’est plus aussi insouciant qu’il a pu l’être par le passé. La réglementation y est pour beaucoup. En dix ans, de grandes évolutions au niveau comptabilité, droit du travail et fiscalité ont eu lieu. Aujourd’hui, les bénévoles ne sont plus simplement des amis qui se réunissent autour d’un projet et font au mieux, mais des conventions existent et les poussent à encadrer leurs activités. La législation a complexifié les choses et a imposé un certain sérieux.
Le but n’est pas de concurrencer le monde de l’entreprise même si la concurrence existe. Le monde associatif représente aujourd’hui un secteur extrêmement dynamique. Il couvre certains marchés non couverts par les entreprises car trop loin ou trop peu solvables. C’est un secteur très professionnel, en pleine possession d’un savoir-faire et soumis aux mêmes règles fiscales que les entreprises. Il prend ainsi sa place au sein du paysage économique et s’inscrit comme challenger pour la concurrence.
Néanmoins, ces deux mondes n’ayant pas les mêmes finalités, ils n’entreront jamais en collision. En effet, le but premier d’une association n’est pas de produire des services mais plutôt de permettre à certaines personnes de retrouver un emploi ou une raison de vivre. A l’inverse, le but premier de l’entreprise n’est pas de fournir un emploi à ses salariés mais plutôt de participer à l’économie mondiale en produisant des services, un savoir-faire unique et donc de créer de la richesse. Le but recherché n’étant pas le même, en créant une association ou une entreprise, c’est la finalité de ses deux mondes qui les différencie.
De plus, ce tiers secteur de l’économie fait appel à celui de l’entreprise pour survivre. Depuis ces dix dernières années, et ce, suite au grand désengagement de l’Etat, les associations pullulent. En effet, leur population cible, notamment dans le domaine du travail et du handicap, progresse rapidement et les sollicite de plus en plus. Par conséquent, les entreprises mécènes se trouvent dans l’obligation de faire des choix et arbitrages.
Pour favoriser les échanges entre entreprises et associations, le législateur a tranché en créant la loi sur le mécénat. Dans ce cadre-là, les entreprises se sentent plus sensibilisées à l’aspect fiscal de cette problématique. Grâce aux mesures de défiscalisation, pouvant aller jusqu’à 85% de la somme engagée, l’intervention financière de la structure mécène représente une somme relativement faible pour l’entreprise et devient un instrument fort de communication interne auprès de ses salariés et externe auprès de ses clients et fournisseurs, le tout pour le bien de la collectivité et donc de la société.
Nous l’avons vu, plus que deux mondes s’affrontant, si l’on maintenait la métaphore, la noblesse - ou l’entreprise - et le tiers-état - le monde associatif - de l’économie marchent bien main dans la main pour toujours plus d’échanges, de business et donc de vie.
Mylène JOUVE
Prenons le cas d’une association lambda qui fonctionne sur deux modèles économiques : le bénévolat et le salariat. L’association est constituée d’un conseil d’administration comprenant les organes de base nécessaires à toute association : un président, un secrétaire et un trésorier. Ces responsabilités sont assurées, comme dans la majorité des associations, par des bénévoles qui s’engagent à faire avancer la cause de l’association. Par ailleurs, l’association a besoin de salariés pour rendre les services correspondant à son objet social. Ces salariés assurent une prestation équivalente à toute autre entreprise.
Il existe plus d’un million d’associations en France et depuis longtemps, ce réseau se développe et se structure. Les associations proposant de plus en plus des services facturables à une clientèle, ne risquent-elles pas d’empiéter sur des marchés actuellement dominés par le monde de l’entreprise ? Ces deux entités à priori opposées ne finiraient-elles pas par entrer en concurrence ? Rien n’est moins sûr. En effet, ces deux mondes entretiennent des rapports bien plus complexes qu’un simple rapport de concurrence.
Aujourd’hui, sans le secteur associatif, la situation économique de notre pays serait beaucoup plus dramatique qu’elle ne l’est déjà. En fournissant un certains nombre d’emplois salariés, le secteur associatif joue un véritable rôle de moteur économique. Il remplit également un rôle de lien social en redonnant une activité à des personnes qui n’auraient plus de raison de se lever le matin. Ces personnes retrouvent, au travers de l’action associative, le sentiment d’être utile à la société. Le domaine associatif demeure la voiture balais de notre société mais il en est également la lanterne. C'est-à-dire qu’il joue également le rôle de laboratoire économique, trop souvent sous-estimé.
Ce tiers secteur de l’économie reste pourtant entaché d’une image économique négative. Les termes d’amateurs et de quémandeurs sont encore trop souvent associés à ce domaine. Or, le monde associatif n’est plus aussi insouciant qu’il a pu l’être par le passé. La réglementation y est pour beaucoup. En dix ans, de grandes évolutions au niveau comptabilité, droit du travail et fiscalité ont eu lieu. Aujourd’hui, les bénévoles ne sont plus simplement des amis qui se réunissent autour d’un projet et font au mieux, mais des conventions existent et les poussent à encadrer leurs activités. La législation a complexifié les choses et a imposé un certain sérieux.
Le but n’est pas de concurrencer le monde de l’entreprise même si la concurrence existe. Le monde associatif représente aujourd’hui un secteur extrêmement dynamique. Il couvre certains marchés non couverts par les entreprises car trop loin ou trop peu solvables. C’est un secteur très professionnel, en pleine possession d’un savoir-faire et soumis aux mêmes règles fiscales que les entreprises. Il prend ainsi sa place au sein du paysage économique et s’inscrit comme challenger pour la concurrence.
Néanmoins, ces deux mondes n’ayant pas les mêmes finalités, ils n’entreront jamais en collision. En effet, le but premier d’une association n’est pas de produire des services mais plutôt de permettre à certaines personnes de retrouver un emploi ou une raison de vivre. A l’inverse, le but premier de l’entreprise n’est pas de fournir un emploi à ses salariés mais plutôt de participer à l’économie mondiale en produisant des services, un savoir-faire unique et donc de créer de la richesse. Le but recherché n’étant pas le même, en créant une association ou une entreprise, c’est la finalité de ses deux mondes qui les différencie.
De plus, ce tiers secteur de l’économie fait appel à celui de l’entreprise pour survivre. Depuis ces dix dernières années, et ce, suite au grand désengagement de l’Etat, les associations pullulent. En effet, leur population cible, notamment dans le domaine du travail et du handicap, progresse rapidement et les sollicite de plus en plus. Par conséquent, les entreprises mécènes se trouvent dans l’obligation de faire des choix et arbitrages.
Pour favoriser les échanges entre entreprises et associations, le législateur a tranché en créant la loi sur le mécénat. Dans ce cadre-là, les entreprises se sentent plus sensibilisées à l’aspect fiscal de cette problématique. Grâce aux mesures de défiscalisation, pouvant aller jusqu’à 85% de la somme engagée, l’intervention financière de la structure mécène représente une somme relativement faible pour l’entreprise et devient un instrument fort de communication interne auprès de ses salariés et externe auprès de ses clients et fournisseurs, le tout pour le bien de la collectivité et donc de la société.
Nous l’avons vu, plus que deux mondes s’affrontant, si l’on maintenait la métaphore, la noblesse - ou l’entreprise - et le tiers-état - le monde associatif - de l’économie marchent bien main dans la main pour toujours plus d’échanges, de business et donc de vie.
Mylène JOUVE
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
Les locaux de l'ECG, l'Ecole de Commerce et de Gestion d'Orléans, ont accueilli la première Université de l'Auto-entrepreneur, événement à l'initiative de planeteautoentrepreneur.com et de son président. Alain Bosetti est également président de Place des Réseaux, du Salon de la Micro Entreprise et du Salon des Services à la Personne. Il intervient aussi tous les quinze jours comme coach au sein de l'émission de radio, BFM Académie sur BFM RADIO, le 1er concours de créateurs d'entreprise à la radio. Cette première édition en région a fait carton plein. Plusieurs jours plus tôt, il était déjà impossible de s'inscrire. Ce succès était bien mérité car, comme l'a rappelé Hervé Novelli, secrétaire d'Etat aux PME dans son introduction, "300 000 auto-entrepreneurs en un an, ce n'est plus un chiffre, c'est un phénomène". Par ailleurs, avant de laisser la parole à Yves Broussoux, président de la CCI du Loiret qui a révélé des chiffres impressionnants pour le département, (près de la moitié des créations d'entreprise en 2009 était des enregistrements d'auto-entrepreneurs), le secrétaire d'Etat a rappelé que ce statut était l'occasion d'essayer de réduire "le fossé entre les souhaits et la réalité entrepreneuriale". Les chiffres sont éloquents, près de 47% des jeunes affirment qu'ils voudraient entreprendre, dans un pays où l’on ne cesse de répéter que les jeunes ne rêvent que de devenir fonctionnaires. La preuve en est, près de 80% des enregistrements se sont faits en ligne. De nouveaux usages, de nouveaux médias et une nouvelle façon d'entreprendre. Un phénomène de société qui méritait bien une université. LB
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
Originaire du Maroc, Mohamed El Idrissi est le jeune dirigeant de la Société Transpers. Mohamed surfe sur la vague des services à la personne. Dirigeant posé, réfléchi dont le charisme est une leçon d’entrepreneuriat pour de nombreux jeunes créateurs d’entreprise en herbe.
1er demi-finaliste Créador
Twideco : Pouvez-vous revenir sur votre parcours en quelques phrases ?
Mohamed EL IDRISSI : J’ai 32 ans. J’ai effectué mes études dans le domaine de l’économie et ai obtenu un DEA Economie et Finance à l’université d’Orléans ainsi qu’un DESS Epargne et Placements Financier à l’université d’Angers. Avant de créer ma société TRANSPERS, j’ai occupé le poste de conseiller clientèle à la Banque Populaire pendant un an et demi puis conseiller en patrimoine financier chez BNP Paribas pendant trois ans.
Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?
Mohamed EL IDRISSI : Ayant été salarié pendant quasiment cinq ans, j’avoue que j’apprécie vraiment aujourd’hui de travailler pour moi. J’ai le sens des responsabilités et je peux l’appliquer pleinement à mon propre emploi. De plus, la diversité des fonctions qu’implique le fait d’être chef d’entreprise me convient particulièrement. Enfin, je me découvre un goût pour le management d’équipe.
i[Twideco : Quelles sont vos origines sociales ?]b]i
Mohamed EL IDRISSI : Mon père est ouvrier et ma mère exerce l’emploi à temps plein de mère au foyer.
Twideco : Au cours de votre vie professionnelle ainsi qu’au moment de la création de votre société, votre couleur de peau vous a-t-elle été préjudiciable ?
Mohamed EL IDRISSI : Même si malheureusement le phénomène de la discrimination existe, je n’ai personnellement jamais eu à m’en plaindre. J’ai travaillé dans une grande banque française et ce, auprès d’une clientèle haut de gamme, sans que mes origines ne me posent de problèmes. J’ai toujours fait en sorte d’être disponible et digne de confiance.
Twideco : Vous a-t-on déjà déconseillé de poursuivre votre voie à cause de vos origines ?
Mohamed EL IDRISSI : Non, jamais.
Twideco : Pensez-vous avoir dû vous battre deux fois plus que tout un chacun pour arriver où vous en êtes aujourd’hui ?
Mohamed EL IDRISSI : Je ne sais pas si je me suis battu deux fois plus mais il est sûr que, compte tenu de mes origines sociales, je n’étais pas forcément destiné à faire les études que j’ai faites ni à avoir le parcours professionnel qui est le mien aujourd’hui. Même si je n’ai aucun mérite, je voudrais juste être, modestement, la preuve que l’on peut échapper à la reproduction sociale et que l’ascenseur social, même s’il ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait, n’est pas complètement en panne.
Twideco : Etait-ce une motivation supplémentaire ?
Mohamed EL IDRISSI : Je suis fils d’ouvrier et ne renie en rien cette origine sociale car mes parents m’ont inculqué des valeurs fortes telles que le respect, l’honnêteté et la persévérance. Néanmoins, ce qui, incontestablement représente une motivation, c’est la volonté d’échapper aux statistiques et à la réalité de la reproduction sociale. Même si nous, minorités, nous partons avec des chances différentes ou inégales, je pense que l’on est en partie maître d’une grande part de son destin. Quand on veut, on peut….même s’il existe des obstacles !
Twideco : Pensez-vous que les personnes de couleurs seraient moins prises au sérieux que les autres dans le monde des affaires ?
Mohamed EL IDRISSI : Je pense que le domaine des affaires est, comme celui du sport, plus tolérant que les autres. Il s’attache plus à la manière de créer de la richesse, d’instaurer des relations gagnant-gagnant qu’aux origines sociales et/ou ethniques.
Twideco : Que ressent-on face à la discrimination ?
Mohamed EL IDRISSI : J’imagine que l’on doit ressentir de l’incompréhension, de la révolte et un grand sentiment d’injustice. Le meilleur moyen de répondre à une discrimination serait peut-être de continuer à être fier de sa diversité car c’est une véritable richesse. Il faut garder la tête haute et avoir confiance en soi. Même si le phénomène de la discrimination est réel, je suis persuadé qu’il y a plus de personnes ouvertes d’esprit et tolérantes que de personnes pleines de préjugés.
Twideco : L’Etat devrait-il intervenir ?
Mohamed EL IDRISSI : L’Etat doit garantir l’égalité des droits et de ce fait, il doit naturellement sanctionner la discrimination qui constitue un délit.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entrepreneuriat des minorités ?
Mohamed EL IDRISSI : Les minorités sont très entreprenantes et le phénomène devrait s’accentuer. Je pense qu’il y a deux explications à cela. La première serait d’ordre culturel, le commerce occupant une place importante et valorisée dans les cultures d’origines maghrébine par exemple. La deuxième serait d’ordre sociologique. En effet, la difficulté de trouver un emploi malgré des diplômes incite à la création. L’absence de diplôme inciterait également à la création d’entreprise pour éviter les emplois manuels jugés trop pénibles. En tout cas, je le répète : Quand on veut, on peut….même s’il existe des obstacles ! Alors n’hésitez plus.
www.transpers.fr
Mylène JOUVE
TRANSPERS : TRANSPORT DE PERSONNES
TRANSPERS est une société de transport de personnes qui offre un service personnalisé 24H/24 et 7j/7 à un tarif attractif et connu à l'avance. Elle garantie la mise à disposition de véhicules avec chauffeurs pour un transport personnalisé 24H/24 et 7j/7. Elle assure les navettes vers les aéroports, gares, hôtels ou tout autre lieu défini à l'avance, l'accompagnement des dirigeants et collaborateurs d'entreprises vers leurs différents points de rendez vous, en optimisant leur trajets grâce au GPS, l’organisation de séminaires, congrès ou autres opérations évènementielles ainsi que le transport de personnes à mobilité réduite avec un véritable accompagnement. Les perspectives de Transpers pour 2010 se concentrent sur quatre axes stratégiques. L’objectif est de continuer la pénétration du marché des navettes aéroports, de développer les services aux entreprises et aux collectivités, de communiquer sur le transport aux personnes à mobilité réduite et enfin, d’accroitre sa flotte de véhicules et embaucher un chauffeur.
Quelques chiffres clés :
9000€ de capital social
3 associés / 3 véhicules
Quelques dates clés :
Mai 2009 : immatriculation / Juil. 2009 : début de l’activité
Mohamed EL IDRISSI : J’ai 32 ans. J’ai effectué mes études dans le domaine de l’économie et ai obtenu un DEA Economie et Finance à l’université d’Orléans ainsi qu’un DESS Epargne et Placements Financier à l’université d’Angers. Avant de créer ma société TRANSPERS, j’ai occupé le poste de conseiller clientèle à la Banque Populaire pendant un an et demi puis conseiller en patrimoine financier chez BNP Paribas pendant trois ans.
Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?
Mohamed EL IDRISSI : Ayant été salarié pendant quasiment cinq ans, j’avoue que j’apprécie vraiment aujourd’hui de travailler pour moi. J’ai le sens des responsabilités et je peux l’appliquer pleinement à mon propre emploi. De plus, la diversité des fonctions qu’implique le fait d’être chef d’entreprise me convient particulièrement. Enfin, je me découvre un goût pour le management d’équipe.
i[Twideco : Quelles sont vos origines sociales ?]b]i
Mohamed EL IDRISSI : Mon père est ouvrier et ma mère exerce l’emploi à temps plein de mère au foyer.
Twideco : Au cours de votre vie professionnelle ainsi qu’au moment de la création de votre société, votre couleur de peau vous a-t-elle été préjudiciable ?
Mohamed EL IDRISSI : Même si malheureusement le phénomène de la discrimination existe, je n’ai personnellement jamais eu à m’en plaindre. J’ai travaillé dans une grande banque française et ce, auprès d’une clientèle haut de gamme, sans que mes origines ne me posent de problèmes. J’ai toujours fait en sorte d’être disponible et digne de confiance.
Twideco : Vous a-t-on déjà déconseillé de poursuivre votre voie à cause de vos origines ?
Mohamed EL IDRISSI : Non, jamais.
Twideco : Pensez-vous avoir dû vous battre deux fois plus que tout un chacun pour arriver où vous en êtes aujourd’hui ?
Mohamed EL IDRISSI : Je ne sais pas si je me suis battu deux fois plus mais il est sûr que, compte tenu de mes origines sociales, je n’étais pas forcément destiné à faire les études que j’ai faites ni à avoir le parcours professionnel qui est le mien aujourd’hui. Même si je n’ai aucun mérite, je voudrais juste être, modestement, la preuve que l’on peut échapper à la reproduction sociale et que l’ascenseur social, même s’il ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait, n’est pas complètement en panne.
Twideco : Etait-ce une motivation supplémentaire ?
Mohamed EL IDRISSI : Je suis fils d’ouvrier et ne renie en rien cette origine sociale car mes parents m’ont inculqué des valeurs fortes telles que le respect, l’honnêteté et la persévérance. Néanmoins, ce qui, incontestablement représente une motivation, c’est la volonté d’échapper aux statistiques et à la réalité de la reproduction sociale. Même si nous, minorités, nous partons avec des chances différentes ou inégales, je pense que l’on est en partie maître d’une grande part de son destin. Quand on veut, on peut….même s’il existe des obstacles !
Twideco : Pensez-vous que les personnes de couleurs seraient moins prises au sérieux que les autres dans le monde des affaires ?
Mohamed EL IDRISSI : Je pense que le domaine des affaires est, comme celui du sport, plus tolérant que les autres. Il s’attache plus à la manière de créer de la richesse, d’instaurer des relations gagnant-gagnant qu’aux origines sociales et/ou ethniques.
Twideco : Que ressent-on face à la discrimination ?
Mohamed EL IDRISSI : J’imagine que l’on doit ressentir de l’incompréhension, de la révolte et un grand sentiment d’injustice. Le meilleur moyen de répondre à une discrimination serait peut-être de continuer à être fier de sa diversité car c’est une véritable richesse. Il faut garder la tête haute et avoir confiance en soi. Même si le phénomène de la discrimination est réel, je suis persuadé qu’il y a plus de personnes ouvertes d’esprit et tolérantes que de personnes pleines de préjugés.
Twideco : L’Etat devrait-il intervenir ?
Mohamed EL IDRISSI : L’Etat doit garantir l’égalité des droits et de ce fait, il doit naturellement sanctionner la discrimination qui constitue un délit.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entrepreneuriat des minorités ?
Mohamed EL IDRISSI : Les minorités sont très entreprenantes et le phénomène devrait s’accentuer. Je pense qu’il y a deux explications à cela. La première serait d’ordre culturel, le commerce occupant une place importante et valorisée dans les cultures d’origines maghrébine par exemple. La deuxième serait d’ordre sociologique. En effet, la difficulté de trouver un emploi malgré des diplômes incite à la création. L’absence de diplôme inciterait également à la création d’entreprise pour éviter les emplois manuels jugés trop pénibles. En tout cas, je le répète : Quand on veut, on peut….même s’il existe des obstacles ! Alors n’hésitez plus.
www.transpers.fr
Mylène JOUVE
TRANSPERS : TRANSPORT DE PERSONNES
TRANSPERS est une société de transport de personnes qui offre un service personnalisé 24H/24 et 7j/7 à un tarif attractif et connu à l'avance. Elle garantie la mise à disposition de véhicules avec chauffeurs pour un transport personnalisé 24H/24 et 7j/7. Elle assure les navettes vers les aéroports, gares, hôtels ou tout autre lieu défini à l'avance, l'accompagnement des dirigeants et collaborateurs d'entreprises vers leurs différents points de rendez vous, en optimisant leur trajets grâce au GPS, l’organisation de séminaires, congrès ou autres opérations évènementielles ainsi que le transport de personnes à mobilité réduite avec un véritable accompagnement. Les perspectives de Transpers pour 2010 se concentrent sur quatre axes stratégiques. L’objectif est de continuer la pénétration du marché des navettes aéroports, de développer les services aux entreprises et aux collectivités, de communiquer sur le transport aux personnes à mobilité réduite et enfin, d’accroitre sa flotte de véhicules et embaucher un chauffeur.
Quelques chiffres clés :
9000€ de capital social
3 associés / 3 véhicules
Quelques dates clés :
Mai 2009 : immatriculation / Juil. 2009 : début de l’activité
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
Après Tours en 2006, et Orléans en 2008, la ville de Bourges, au sein du Palais des Congrès « Les Rives d’Auron », a accueilli le 28 Janvier 2010, la 3ème Edition du colloque « Innovation Gagnante », qui rassemble les entreprises et les Universités. Le développement des relations Universités Entreprises est une préoccupation majeure des 3 partenaires de cette manifestation : l’Université d’Orléans, l’Université de Tours et le Medef Centre.
Les deux premières éditions avaient pour objectif de fédérer les PME et PMI autour de ce rapprochement entreprise et université. Cette 3ème édition, nommée « L’innovation en actions », met l’accent sur l’accès des entreprises à l’innovation en favorisant les collaborations à moyen et long termes.
Cependant, lorsque l’on parle d’innovation à une entreprise, une certaine forme d’appréhension naît sitôt, et, beaucoup de questions surgissent autour du crédit impôt recherche, ses avantages et ses risques, en passant par l’embauche d’un doctorant, ou sur les outils d’accompagnement proposés par OSEO.
Cette journée a donc permis aux entreprises de rencontrer tous les acteurs de l’innovation à différents niveaux, collectivités, universités, entreprises, au travers de différents ateliers très suivis, afin d’associer les parties prenantes autour de l’innovation. Ce fut également l’occasion de mettre en lumière les actions menées conjointement par les sphères universitaires et le monde des entreprises. AM
Les deux premières éditions avaient pour objectif de fédérer les PME et PMI autour de ce rapprochement entreprise et université. Cette 3ème édition, nommée « L’innovation en actions », met l’accent sur l’accès des entreprises à l’innovation en favorisant les collaborations à moyen et long termes.
Cependant, lorsque l’on parle d’innovation à une entreprise, une certaine forme d’appréhension naît sitôt, et, beaucoup de questions surgissent autour du crédit impôt recherche, ses avantages et ses risques, en passant par l’embauche d’un doctorant, ou sur les outils d’accompagnement proposés par OSEO.
Cette journée a donc permis aux entreprises de rencontrer tous les acteurs de l’innovation à différents niveaux, collectivités, universités, entreprises, au travers de différents ateliers très suivis, afin d’associer les parties prenantes autour de l’innovation. Ce fut également l’occasion de mettre en lumière les actions menées conjointement par les sphères universitaires et le monde des entreprises. AM
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
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TWIDECO l’hebdo : Quel a été votre parcours, de vos études jusqu’à aujourd’hui ?
Jean-David REZAIOFF : Je pense que l’on peut me qualifier de faux autodidacte. Je n’étais pas très fan des études jusqu’à ce que je découvre le supérieur. Après mon IUT, j’ai complété ma formation commerciale par un 3ème cycle en marketing. Cette formation, dispensée par le CNAM en cours du soir, m’a permis d’intégrer sereinement ma première expérience professionnelle dans le domaine du High Tech. Après un passage chez Texas Instrument, où je vendais des composants électroniques pour les applications militaires et spatiales, j’ai rejoint un groupe anglais qui travaillait dans la chimie de spécialité pour l’électronique. Finalement, je me suis tourné vers le monde des médias avec une première expérience dans le groupe Technicolor en tant que responsable pour le marché français des activités DVD et CD-ROM. J’ai, par la suite, continué dans cette voie en intégrant une Start Up de l’époque qui s’appelait Crossknowledge et qui est devenue aujourd’hui le leader européen de la formation à distance dans les domaines du management et du développement personnel. C’est en 2007 que la décision de quitter l’entreprise pour créer mon propre projet s’est imposée à moi. J’ai donc créé la société WOMUP qui est l’éditeur de la solution Womzone.
TWIDECO l’hebdo : Avez-vous toujours su que vous deviendriez entrepreneur un jour ?
Jean-David REZAIOFF : Oui, car je l’ai toujours voulu. J’ai mis un peu de temps à me décider mais il faut savoir que la création d’entreprise est un mélange d’opportunité et de courage. Il arrive un moment où tout bascule, on se dit : « ça y est, c’est le moment, je me sens prêt ». Ce moment m’est arrivé un beau matin et je me suis lancé. A tort ou à raison…, seul l’avenir le dira.
TWIDECO l’hebdo : Quelles sont vos passions ? Si tant est que vous ayez un peu de temps libre, comment l’occupez-vous ?
Jean-David REZAIOFF : Je suis père de famille alors ma première passion, c’est ma famille ; ma femme et mes enfants. Cela peut paraître très anodin mais au final, c’est cette passion-là qui me prend le plus de temps. Je suis également très orienté vers la vie sociale. J’ai la chance d’avoir des amis nombreux avec qui je passe beaucoup de temps. J’aime vraiment les inviter chez moi. J’habite en Touraine et, après plus de 20 ans passés à Paris, j’avoue que nous apprécions cette capacité d’accueil que je connais dans ma maison. Je me passionne également pour la montagne, la gastronomie et le cinéma.
TWIDECO l’hebdo : Avez-vous une citation favorite ?
Jean-David REZAIOFF : « Il faut oser d’abord, doser ensuite. »
TWIDECO l’hebdo : Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir?
Jean-David REZAIOFF : Du succès dans le développement de notre activité. Nous sommes actuellement en train de compléter notre activité de E-commerce en y intégrant des aspects communautaires et de marketing communautaire (social marketing). Aussi, lorsque l’on élargit, lorsque l’on renforce un positionnement, il y a toujours énormément de travail. Nous testons et expérimentons sans cesse, parfois nous tâtonnons. Cela représente beaucoup d’énergie et d’espérance donc, ce que l’on peut nous souhaiter pour 2010, ce serait d’arriver à valider nos hypothèses mais également d’arriver à enregistrer un petit peu de succès ce qui nous permettrait, à la fois de financer les projets, mais également de maintenir la motivation et l’enthousiasme au plus haut niveau quotidiennement.
TWIDECO l’hedbo : Nous vous le souhaitons.
Jean-David REZAIOFF : Merci.
Mylène JOUVE
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Jean-David REZAIOFF : Je pense que l’on peut me qualifier de faux autodidacte. Je n’étais pas très fan des études jusqu’à ce que je découvre le supérieur. Après mon IUT, j’ai complété ma formation commerciale par un 3ème cycle en marketing. Cette formation, dispensée par le CNAM en cours du soir, m’a permis d’intégrer sereinement ma première expérience professionnelle dans le domaine du High Tech. Après un passage chez Texas Instrument, où je vendais des composants électroniques pour les applications militaires et spatiales, j’ai rejoint un groupe anglais qui travaillait dans la chimie de spécialité pour l’électronique. Finalement, je me suis tourné vers le monde des médias avec une première expérience dans le groupe Technicolor en tant que responsable pour le marché français des activités DVD et CD-ROM. J’ai, par la suite, continué dans cette voie en intégrant une Start Up de l’époque qui s’appelait Crossknowledge et qui est devenue aujourd’hui le leader européen de la formation à distance dans les domaines du management et du développement personnel. C’est en 2007 que la décision de quitter l’entreprise pour créer mon propre projet s’est imposée à moi. J’ai donc créé la société WOMUP qui est l’éditeur de la solution Womzone.
TWIDECO l’hebdo : Avez-vous toujours su que vous deviendriez entrepreneur un jour ?
Jean-David REZAIOFF : Oui, car je l’ai toujours voulu. J’ai mis un peu de temps à me décider mais il faut savoir que la création d’entreprise est un mélange d’opportunité et de courage. Il arrive un moment où tout bascule, on se dit : « ça y est, c’est le moment, je me sens prêt ». Ce moment m’est arrivé un beau matin et je me suis lancé. A tort ou à raison…, seul l’avenir le dira.
TWIDECO l’hebdo : Quelles sont vos passions ? Si tant est que vous ayez un peu de temps libre, comment l’occupez-vous ?
Jean-David REZAIOFF : Je suis père de famille alors ma première passion, c’est ma famille ; ma femme et mes enfants. Cela peut paraître très anodin mais au final, c’est cette passion-là qui me prend le plus de temps. Je suis également très orienté vers la vie sociale. J’ai la chance d’avoir des amis nombreux avec qui je passe beaucoup de temps. J’aime vraiment les inviter chez moi. J’habite en Touraine et, après plus de 20 ans passés à Paris, j’avoue que nous apprécions cette capacité d’accueil que je connais dans ma maison. Je me passionne également pour la montagne, la gastronomie et le cinéma.
TWIDECO l’hebdo : Avez-vous une citation favorite ?
Jean-David REZAIOFF : « Il faut oser d’abord, doser ensuite. »
TWIDECO l’hebdo : Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir?
Jean-David REZAIOFF : Du succès dans le développement de notre activité. Nous sommes actuellement en train de compléter notre activité de E-commerce en y intégrant des aspects communautaires et de marketing communautaire (social marketing). Aussi, lorsque l’on élargit, lorsque l’on renforce un positionnement, il y a toujours énormément de travail. Nous testons et expérimentons sans cesse, parfois nous tâtonnons. Cela représente beaucoup d’énergie et d’espérance donc, ce que l’on peut nous souhaiter pour 2010, ce serait d’arriver à valider nos hypothèses mais également d’arriver à enregistrer un petit peu de succès ce qui nous permettrait, à la fois de financer les projets, mais également de maintenir la motivation et l’enthousiasme au plus haut niveau quotidiennement.
TWIDECO l’hedbo : Nous vous le souhaitons.
Jean-David REZAIOFF : Merci.
Mylène JOUVE
www.womzone.com
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
Retour sur un parcours peu commun : d’Ingré à Priceminister, il n’y avait qu’un pas
Twideco : Pierre Kosciusko-Morizet, nous parlons beaucoup de ce que vous faites aujourd’hui mais nous savons moins d’où vous venez. Il me semble que quand on veut comprendre une personne, il est important de savoir d’où cette personne vient. Alors, quel a été votre parcours ?
PKM : Je suis né à Ingré tout près d’Orléans mais n’y ai vécu que deux ans. Mon père était directeur de l'équipement. J’ai grandi à Sèvres où j’ai vécu le reste du temps. Maintenant, je vis à Paris et mes parents habitent toujours Sèvres. Je suis parti de chez moi pour aller à HEC à Jouy-en-Josas. J’y ai passé deux années plutôt agréables, riches de vie associative, puis je suis parti en Inde, où j’ai travaillé dans une léproserie. J’étais au BDE. Ce fut une expérience plus personnelle que professionnelle et c’est pourquoi je suis reparti à l’étranger, six mois en Allemagne, puis huit mois au Vietnam où j’ai rejoint un Français qui venait de monter sa société ADEN.
Twideco : Cela fait beaucoup de voyages dans votre vie, l’Inde, l’Allemagne, le Vietnam…
PKM : J’adore voyager. C'est assez paradoxal car pour Priceminister, je fais assez peu de déplacements professionnels, je voyage surtout pour le loisir. On a ouvert l'Espagne et l'Angleterre depuis Paris. Le Vietnam m’ayant particulièrement marqué, j’ai rejoint quelqu’un qui venait de monter une société à Saïgon et je suis parti dans l’objectif de développer sa filiale à Hanoï. C’est là que j’ai vraiment ressenti l’envie de monter une boîte. Quand je suis rentré pour ma dernière année d’HEC, c’était devenu une évidence. J'ai monté une boîte pendant ma dernière année d'HEC. Ma société s’appelait Visualis SA et proposait du conseil en distribution, plus précisément nous comptions les personnes qui entrent et sortent des magasins, des centres commerciaux... Finalement, cela n’a pas fonctionné, j’ai eu un problème avec mon fournisseur de technologies et ai donc fermé au bout d’un an, juste à la fin de mon année.
Twideco: C’était une vraie société ou une jeune entreprise montée dans le cadre de vos études ?
PKM : Au départ, c’était un projet, puis c’est devenu une vraie société. A HEC Entrepreneurs, nous devions monter des projets courts de simulation de créations d’entreprises, de cas de redressements, etc. En fait c'est de la simulation réelle car on fait comme si on montait la boîte mais en général on ne la monte pas. Mais, moi je l'ai montée! J’avais dix actionnaires, nous avons investi 40 000 euros. C’était une société anonyme à conseil d’administration, et puis nous avons commencé à avoir des clients. Malheureusement, j’ai eu ce problème qui m’a obligé à arrêter. Cela été une vraie aventure entrepreneuriale courte, un vrai échec mais dont j’ai beaucoup appris.
Twideco: C’est votre pire échec ?
PKM : Si je regarde ma vie professionnelle de A à Z, c’est clairement mon plus gros échec. Mais sans cet échec-là, qui sait si j’aurais lancé Priceminister après.
Twideco: Combien de temps après cette première aventure avez-vous créé Priceminister ?
PKM : 1 an après. J’ai monté Visualis en 1998, été diplômé d’HEC en juin 1999 et ai fermé Visualis en août 1999 pour finalement créer Priceminister en Juillet 2000. Entre-temps je suis parti aux Etats-Unis. J’avais rejoint CapitalOne justement dans l’optique de passer du temps aux USA mais en Juillet 2000, j’ai démissionné pour rentrer en France et monter Priceminister. Puis tout s’est enchaîné et l’aventure se poursuit aujourd’hui. Après la première création d'entreprise, j'avais envie d'en recréer une autre mais je n'avais pas d'idée. Je pense que quand on a envie de monter des boîtes, on a du mal à faire des pauses trop longues.
Twideco: Ce projet de création, vous l’avez travaillé seul ou vous étiez plusieurs ?
PKM : Après la création de ma première entreprise, j’ai voulu en créer une autre très rapidement. Je pense que lorsque l’on a la veine entrepreneuriale, une pause très longue en tant que salarié est très difficile à vivre. Pour moi, un an chez CapitalOne, dans un groupe, c’était déjà très long. Je voulais recréer depuis début 2000 sans avoir vraiment d’idée précise. En juillet, l’idée de Priceminister m’est enfin venue. Deux semaines après, je suis rentré en France et nous avons créé la société début août : fin août, nous étions neuf et fin septembre, nous étions quinze. J’ai décidé de monter ma société avant d’avoir des associés. C’était une décision personnelle. En revanche, simultanément, j’en ai parlé autour de moi en disant « Je monte une boîte, est-ce que tu veux me rejoindre ? », ce qui est très différent de « J’ai une idée, qu’est-ce que tu en penses ? ». J’ai partagé le capital avec quatre associés et sur les cinq de départ, nous sommes toujours quatre à diriger aujourd’hui. Tout cela s’est fait en un mois, le mois d’août 2000, et en septembre, nous avons levé cinq millions de francs pour démarrer, soit 700 000 euros.
Twideco: Deux mois après l’ouverture ?
PKM : A peine. Le 11 août, c’est le jour où Pierre Krings démissionne de CapitalOne, et le jour également où Nathalie Maurin, le 3ème associé de Priceminister, quitte la banque Lazard. Cela représente un peu le jour de la création de la société pour nous. Le lendemain, nous rencontrons le directeur technique, Justin Ziegler, puis Olivier Mathiot que je connaissais déjà. Dès ce moment-là, l’équipe était presque complète. Nous avons rédigé le business plan courant août, fini de le rédiger le 20 août et les promesses d’investissements sont arrivées le 15 septembre. Nous avions donc les fonds en trois semaines. Il faut savoir que nous allions voir les potentiels investisseurs en leur disant « voilà notre projet, il y a une opportunité, soit vous investissez, soit vous n’investissez pas, mais si vous investissez, c’est dans trois semaines. Nous avons déjà beaucoup de personnes intéressées, donc réfléchissez vite ! » Et cela a fonctionné. L’argent est arrivé sur le compte mi-octobre et le site a ouvert le 16 janvier 2001. Il y a eu quatre mois de développement technique puis une phase de six mois où il ne s’est pas passé grand-chose. La popularité du site a grandi et dès juillet 2001, nous avons progressé de 30% d’un mois sur l’autre. Ceci nous a permis d’atteindre enfin la rentabilité en 2002. Je dis “enfin” car nous avons connu quelques moments très durs durant le deuxième trimestre 2001. Nous n’avions pas encore fait décoller notre croissance ni beaucoup d’argent pour subvenir aux salaires, loyer, ect… Bref, la sauce a pris et nous avons fait une nouvelle levée de fonds début 2002 qui a été sursouscrite x3, puis une autre en 2005. A cette occasion là, nous avons levé 11 millions d’euros dans l’optique claire d’effectuer des acquisitions à l’étranger. Cela a vraiment représenté un cap pour nous.
Twideco: En tout, combien avez-vous effectué de levées de fonds ?
PKM : Quatre. Septembre 2000, juin 2001, janvier 2002, et début 2005. Pour les trois premières, nous avons fait appel à des business angels, des particuliers. En 2005, c’était différent. Nous étions rentables et même si nous n’étions encore qu’une petite boîte, ces fonds d’investissements arrivaient presque en capital développement pour l’international et les acquisitions.
Twideco : Une petite boîte qui avait déjà, en un seul mois, 15 salariés… Aujourd’hui, combien en comptez-vous ?
PKM : Aujourd’hui, nous sommes 200 mais il faut savoir qu’avec deux millions de visites par jour sur le site, 10 000 personnes vivent actuellement de leurs ventes. C’est une des beautés de l’internet, avec la technologie, on arrive à démultiplier plein de choses.
Twideco : J’ai rencontré Philippe Hayat récemment. Il dit que l’entrepreneur naît entrepreneur. Est-ce que, comme lui, vous avez vécu votre première expérience entrepreneuriale étant enfant ou bien s’est-elle faite au cours de votre formation HEC ?
PKM : J’aime beaucoup Philippe, on se connaît très bien, mais je ne suis pas du tout d’accord avec lui. Je ne pense pas que l’on naisse entrepreneur et heureusement, car sinon, cela voudrait dire que certaines personnes, malheureusement non nées entrepreneur, ne pourraient pas vivre leur passion. Selon moi, tout le monde peut l’être. Il y a des déclics qui font que l’on bascule et je pense que l’on bascule de manière assez définitive. Personnellement, j’ai des parents fonctionnaires donc on ne peut pas dire que cela a été génétique contrairement à Philippe qui a eu la chance d’être éduqué dans une culture familiale entrepreneuriale. Moi, j’ai eu une envie de liberté, de choisir les gens avec qui je voulais travailler, une envie de me sentir utile et cela a été mon déclic. Beaucoup d’entrepreneurs autour de moi ont eu leur déclic vers 40-45 ans à la suite d’un licenciement. Evidement, il y a aussi le modèle du jeune gars de 25 ans qui a pris son bâton de pèlerin et a voulu conquérir le monde, c’est tout de même plus enthousiaste comme histoire. Bref, selon moi, il n’y a pas d’âge ni de milieu défini pour la création d’entreprise. D’ailleurs, Philippe est sûrement d’accord avec moi sur ce point là, l’entrepreneuriat est aussi comme une graine que l’on peut planter. Philippe Hayat a monté 100 000 entrepreneurs, association dont je fais partie et qui contribue à développer en France le goût et le courage d’entreprendre au travers d’actions diverses. Nous envoyons notamment des entrepreneurs dans des collèges et des lycées afin de rendre plus proche et plus compréhensible l’entreprise aux jeunes. Je pense qu’en faisant cela, nous favorisons ce déclic qui n’aurait pu naître en eux que beaucoup plus tard.
Twideco : Quand est-ce que 100.000 entrepreneurs viendra en région Centre ?
PKM : Ah nous n’y sommes pas encore ?
Twideco : Philippe Hayat m’a répondu “Non ce n’est pas encore au programme”.
PKM : Dommage.
Twideco : Quels sont les projets d’avenir de Priceminister ?
PKM : Nous avons quatre axes de travail. Le premier, c’est de toujours prendre plaisir à ce que nous faisons car quand on aime ce que l’on fait, on le fait mieux. Je crois beaucoup à cette notion de plaisir et je l’applique à tout le monde, que ce soit aux fondateurs, aux dirigeants, aux actionnaires ainsi qu’à toutes les équipes évidemment. Les trois autres axes sont plus orientés business. Nous voulons tout d’abord devenir le leader français de l’E-commerce, nous voulons aider nos filiales comme l’Espagne et l’Angleterre à devenir leader de leur marché et nous voulons développer et assurer la stabilité de nos filiales en France, Voyagermoinscher.com, et Avendrealouer.fr.
Twideco : Priceminister Espagne ou Angleterre sont donc des filiales ?
PKM : Oui, l’objectif est que l’on devienne également leader dans les autres pays où nous sommes implantés, comme l’Espagne et l’Angleterre. Puis, évidement, nous continuerons nos conquêtes territoriales dans le but d’être dans 2-3 voire 5 ans un des leaders de l’E-commerce en Europe. Actuellement, Priceminister est majoritairement français or nous avons une vraie ambition internationale. Nous voulons que l’international pèse plus que la France à terme.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant vos filiales françaises ?
PKM : Nous avons racheté plusieurs sociétés ; Voyagermoinscher.com et Avendrealouer.fr entre autres. L’idée est toujours de rester ou de devenir leader du marché en question. Voyagermoinscher.com est actuellement le leader de la comparaison de prix de voyages en France et nous comptons bien consolider cette place-là avant de développer le concept à l’étranger. Avendrealouer.fr n’est pas encore le leader de l’immobilier français mais c’est notre objectif. En 2010, que ce soit en France ou ailleurs, Priceminister et ses filiales tenteront de devenir leader.
Twideco : J’ai lu que vous consacriez 20% de votre temps, c'est-à-dire une journée par semaine aux médias. La communication, c’est important pour vous ?
PKM : Cela prend en effet énormément de temps, que ce soit le temps réel de l’interview mais également le temps passé à le préparer. Néanmoins, je pense que c’est une tâche primordiale du chef d’entreprise, et de lui seul, car il est le représentant de l’entreprise. L’image et la marque d’une entreprise se dessinent essentiellement à travers l’expérience client, le bouche à oreille, le marketing, mais également, au travers des médias et de la communication. Ce sont des relais de développement, de notoriété et d’image, essentiels et donc j’y passe du temps.
Twideco : Est-ce une activité à laquelle vous prenez du plaisir ?
PKM : Oui, beaucoup. C’est agréable de parler de sa société. Je suis très fier de ce que l’on réalise chaque jour et j’aime en parler. De plus, nous avons la chance d’être assez bien traités par la presse. Nous ne vendons pas de cigarettes, nous ne faisons pas de contrefaçon, nous luttons contre. Nous faisons partie d’un modèle économique qui globalement rend service aux gens et qui n’est pas attaquable éthiquement nous connaissons avec les journalistes des interactions plus positives que négatives. Donc, oui, c’est une activité à laquelle je prends du plaisir.
Twideco : Il y a environ un an, lors d’une interview avec E. Chevrillon sur BFM radio, vous clôturiez sur l’avenir des médias et notamment sur la TV sur internet. Vous disiez surveiller cela de très près. Qu’en est-il aujourd’hui ?
PKM : On le dit depuis 10 ans, mais aujourd’hui la télévision sur le net devient réalité. Ces derniers temps, les supports ne cessent de muter. J’ai l’impression que la télévision empiète sur le mobile et sur l’internet, que l’internet empiète sur le mobile, que la téléphonie empiète sur internet… Bref, tout devient possible et nous vivons une réelle mutation des moyens de communication. Nous savons que, dans quelques mois ou années, l’écran de télévision qui trône actuellement dans la plupart des salons des ménages français mais également internationaux, ne sera plus appelé « écran de télévision ». Ce sera un écran petit ou grand, avec ou sans projecteur, avec ou sans home cinéma, mais la distinction entre télévision et internet ne se fera plus. C’est d’ailleurs pour cela que je ne suis pas optimiste concernant l’avenir des télévisions dites commerciales, qui vivent de la publicité. A mon avis, le grand public va de plus en plus se tourner vers des émissions à la carte sans regarder la publicité. C’est un vaste mais très passionnant sujet cette évolution de la consommation des médias.
Twideco: Alors, si les gens ne regardent pas la pub ni avant ni après, comment finance-t-on le système ? Quel est selon vous le business modèle de la télévision de demain ?
PKM : J’aimerais le savoir. La télévision a énormément changé et je le comprends. Elle doit faire face à d’énormes coûts de production qu’elle tente par tous les moyens de réduire. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous allons plutôt vers un appauvrissement des contenus, qui sont déjà à mon sens très pauvres. Quand j’étais petit, j’aimais beaucoup regarder la télévision car il y avait un film quasiment tous les soirs. Aujourd’hui il y a des séries américaines, de la tv réalité mais hormis le dimanche, et encore pas toujours, il n’y a plus de films. L’avenir de la télévision est dans son contenu.
Twideco : La télévision ne devrait-elle pas évoluer vers un modèle comme celui de la radio qui comporte peu de moyens techniques, et donc financiers, et se focaliser sur le fond ?
PKM : A mon sens, c’est en effet sa seule chance de survie. Que ce soit du fond, que ce soit de l’instantané consommé comme du flux, il faut qu’elle change de modèle. Actuellement, les radios qui fonctionnent, sont celles qui proposent des programmes de format talk et information un peu brute et directe. A contrario, je pense que les radios musicales ne seront plus écoutées dans 5 ans. En effet, tout le monde aura sa play liste pour choisir les titres comme il le souhaite et cela sans publicités. J’avoue que je serais très embêté si je devais diriger une radio musicale aujourd’hui. Je pense que c’est un business qui va évoluer de manière « dramatique » comme disent les anglais, à prendre dans le sens de « beaucoup ».
Lucie BRASSEUR
PKM : Je suis né à Ingré tout près d’Orléans mais n’y ai vécu que deux ans. Mon père était directeur de l'équipement. J’ai grandi à Sèvres où j’ai vécu le reste du temps. Maintenant, je vis à Paris et mes parents habitent toujours Sèvres. Je suis parti de chez moi pour aller à HEC à Jouy-en-Josas. J’y ai passé deux années plutôt agréables, riches de vie associative, puis je suis parti en Inde, où j’ai travaillé dans une léproserie. J’étais au BDE. Ce fut une expérience plus personnelle que professionnelle et c’est pourquoi je suis reparti à l’étranger, six mois en Allemagne, puis huit mois au Vietnam où j’ai rejoint un Français qui venait de monter sa société ADEN.
Twideco : Cela fait beaucoup de voyages dans votre vie, l’Inde, l’Allemagne, le Vietnam…
PKM : J’adore voyager. C'est assez paradoxal car pour Priceminister, je fais assez peu de déplacements professionnels, je voyage surtout pour le loisir. On a ouvert l'Espagne et l'Angleterre depuis Paris. Le Vietnam m’ayant particulièrement marqué, j’ai rejoint quelqu’un qui venait de monter une société à Saïgon et je suis parti dans l’objectif de développer sa filiale à Hanoï. C’est là que j’ai vraiment ressenti l’envie de monter une boîte. Quand je suis rentré pour ma dernière année d’HEC, c’était devenu une évidence. J'ai monté une boîte pendant ma dernière année d'HEC. Ma société s’appelait Visualis SA et proposait du conseil en distribution, plus précisément nous comptions les personnes qui entrent et sortent des magasins, des centres commerciaux... Finalement, cela n’a pas fonctionné, j’ai eu un problème avec mon fournisseur de technologies et ai donc fermé au bout d’un an, juste à la fin de mon année.
Twideco: C’était une vraie société ou une jeune entreprise montée dans le cadre de vos études ?
PKM : Au départ, c’était un projet, puis c’est devenu une vraie société. A HEC Entrepreneurs, nous devions monter des projets courts de simulation de créations d’entreprises, de cas de redressements, etc. En fait c'est de la simulation réelle car on fait comme si on montait la boîte mais en général on ne la monte pas. Mais, moi je l'ai montée! J’avais dix actionnaires, nous avons investi 40 000 euros. C’était une société anonyme à conseil d’administration, et puis nous avons commencé à avoir des clients. Malheureusement, j’ai eu ce problème qui m’a obligé à arrêter. Cela été une vraie aventure entrepreneuriale courte, un vrai échec mais dont j’ai beaucoup appris.
Twideco: C’est votre pire échec ?
PKM : Si je regarde ma vie professionnelle de A à Z, c’est clairement mon plus gros échec. Mais sans cet échec-là, qui sait si j’aurais lancé Priceminister après.
Twideco: Combien de temps après cette première aventure avez-vous créé Priceminister ?
PKM : 1 an après. J’ai monté Visualis en 1998, été diplômé d’HEC en juin 1999 et ai fermé Visualis en août 1999 pour finalement créer Priceminister en Juillet 2000. Entre-temps je suis parti aux Etats-Unis. J’avais rejoint CapitalOne justement dans l’optique de passer du temps aux USA mais en Juillet 2000, j’ai démissionné pour rentrer en France et monter Priceminister. Puis tout s’est enchaîné et l’aventure se poursuit aujourd’hui. Après la première création d'entreprise, j'avais envie d'en recréer une autre mais je n'avais pas d'idée. Je pense que quand on a envie de monter des boîtes, on a du mal à faire des pauses trop longues.
Twideco: Ce projet de création, vous l’avez travaillé seul ou vous étiez plusieurs ?
PKM : Après la création de ma première entreprise, j’ai voulu en créer une autre très rapidement. Je pense que lorsque l’on a la veine entrepreneuriale, une pause très longue en tant que salarié est très difficile à vivre. Pour moi, un an chez CapitalOne, dans un groupe, c’était déjà très long. Je voulais recréer depuis début 2000 sans avoir vraiment d’idée précise. En juillet, l’idée de Priceminister m’est enfin venue. Deux semaines après, je suis rentré en France et nous avons créé la société début août : fin août, nous étions neuf et fin septembre, nous étions quinze. J’ai décidé de monter ma société avant d’avoir des associés. C’était une décision personnelle. En revanche, simultanément, j’en ai parlé autour de moi en disant « Je monte une boîte, est-ce que tu veux me rejoindre ? », ce qui est très différent de « J’ai une idée, qu’est-ce que tu en penses ? ». J’ai partagé le capital avec quatre associés et sur les cinq de départ, nous sommes toujours quatre à diriger aujourd’hui. Tout cela s’est fait en un mois, le mois d’août 2000, et en septembre, nous avons levé cinq millions de francs pour démarrer, soit 700 000 euros.
Twideco: Deux mois après l’ouverture ?
PKM : A peine. Le 11 août, c’est le jour où Pierre Krings démissionne de CapitalOne, et le jour également où Nathalie Maurin, le 3ème associé de Priceminister, quitte la banque Lazard. Cela représente un peu le jour de la création de la société pour nous. Le lendemain, nous rencontrons le directeur technique, Justin Ziegler, puis Olivier Mathiot que je connaissais déjà. Dès ce moment-là, l’équipe était presque complète. Nous avons rédigé le business plan courant août, fini de le rédiger le 20 août et les promesses d’investissements sont arrivées le 15 septembre. Nous avions donc les fonds en trois semaines. Il faut savoir que nous allions voir les potentiels investisseurs en leur disant « voilà notre projet, il y a une opportunité, soit vous investissez, soit vous n’investissez pas, mais si vous investissez, c’est dans trois semaines. Nous avons déjà beaucoup de personnes intéressées, donc réfléchissez vite ! » Et cela a fonctionné. L’argent est arrivé sur le compte mi-octobre et le site a ouvert le 16 janvier 2001. Il y a eu quatre mois de développement technique puis une phase de six mois où il ne s’est pas passé grand-chose. La popularité du site a grandi et dès juillet 2001, nous avons progressé de 30% d’un mois sur l’autre. Ceci nous a permis d’atteindre enfin la rentabilité en 2002. Je dis “enfin” car nous avons connu quelques moments très durs durant le deuxième trimestre 2001. Nous n’avions pas encore fait décoller notre croissance ni beaucoup d’argent pour subvenir aux salaires, loyer, ect… Bref, la sauce a pris et nous avons fait une nouvelle levée de fonds début 2002 qui a été sursouscrite x3, puis une autre en 2005. A cette occasion là, nous avons levé 11 millions d’euros dans l’optique claire d’effectuer des acquisitions à l’étranger. Cela a vraiment représenté un cap pour nous.
Twideco: En tout, combien avez-vous effectué de levées de fonds ?
PKM : Quatre. Septembre 2000, juin 2001, janvier 2002, et début 2005. Pour les trois premières, nous avons fait appel à des business angels, des particuliers. En 2005, c’était différent. Nous étions rentables et même si nous n’étions encore qu’une petite boîte, ces fonds d’investissements arrivaient presque en capital développement pour l’international et les acquisitions.
Twideco : Une petite boîte qui avait déjà, en un seul mois, 15 salariés… Aujourd’hui, combien en comptez-vous ?
PKM : Aujourd’hui, nous sommes 200 mais il faut savoir qu’avec deux millions de visites par jour sur le site, 10 000 personnes vivent actuellement de leurs ventes. C’est une des beautés de l’internet, avec la technologie, on arrive à démultiplier plein de choses.
Twideco : J’ai rencontré Philippe Hayat récemment. Il dit que l’entrepreneur naît entrepreneur. Est-ce que, comme lui, vous avez vécu votre première expérience entrepreneuriale étant enfant ou bien s’est-elle faite au cours de votre formation HEC ?
PKM : J’aime beaucoup Philippe, on se connaît très bien, mais je ne suis pas du tout d’accord avec lui. Je ne pense pas que l’on naisse entrepreneur et heureusement, car sinon, cela voudrait dire que certaines personnes, malheureusement non nées entrepreneur, ne pourraient pas vivre leur passion. Selon moi, tout le monde peut l’être. Il y a des déclics qui font que l’on bascule et je pense que l’on bascule de manière assez définitive. Personnellement, j’ai des parents fonctionnaires donc on ne peut pas dire que cela a été génétique contrairement à Philippe qui a eu la chance d’être éduqué dans une culture familiale entrepreneuriale. Moi, j’ai eu une envie de liberté, de choisir les gens avec qui je voulais travailler, une envie de me sentir utile et cela a été mon déclic. Beaucoup d’entrepreneurs autour de moi ont eu leur déclic vers 40-45 ans à la suite d’un licenciement. Evidement, il y a aussi le modèle du jeune gars de 25 ans qui a pris son bâton de pèlerin et a voulu conquérir le monde, c’est tout de même plus enthousiaste comme histoire. Bref, selon moi, il n’y a pas d’âge ni de milieu défini pour la création d’entreprise. D’ailleurs, Philippe est sûrement d’accord avec moi sur ce point là, l’entrepreneuriat est aussi comme une graine que l’on peut planter. Philippe Hayat a monté 100 000 entrepreneurs, association dont je fais partie et qui contribue à développer en France le goût et le courage d’entreprendre au travers d’actions diverses. Nous envoyons notamment des entrepreneurs dans des collèges et des lycées afin de rendre plus proche et plus compréhensible l’entreprise aux jeunes. Je pense qu’en faisant cela, nous favorisons ce déclic qui n’aurait pu naître en eux que beaucoup plus tard.
Twideco : Quand est-ce que 100.000 entrepreneurs viendra en région Centre ?
PKM : Ah nous n’y sommes pas encore ?
Twideco : Philippe Hayat m’a répondu “Non ce n’est pas encore au programme”.
PKM : Dommage.
Twideco : Quels sont les projets d’avenir de Priceminister ?
PKM : Nous avons quatre axes de travail. Le premier, c’est de toujours prendre plaisir à ce que nous faisons car quand on aime ce que l’on fait, on le fait mieux. Je crois beaucoup à cette notion de plaisir et je l’applique à tout le monde, que ce soit aux fondateurs, aux dirigeants, aux actionnaires ainsi qu’à toutes les équipes évidemment. Les trois autres axes sont plus orientés business. Nous voulons tout d’abord devenir le leader français de l’E-commerce, nous voulons aider nos filiales comme l’Espagne et l’Angleterre à devenir leader de leur marché et nous voulons développer et assurer la stabilité de nos filiales en France, Voyagermoinscher.com, et Avendrealouer.fr.
Twideco : Priceminister Espagne ou Angleterre sont donc des filiales ?
PKM : Oui, l’objectif est que l’on devienne également leader dans les autres pays où nous sommes implantés, comme l’Espagne et l’Angleterre. Puis, évidement, nous continuerons nos conquêtes territoriales dans le but d’être dans 2-3 voire 5 ans un des leaders de l’E-commerce en Europe. Actuellement, Priceminister est majoritairement français or nous avons une vraie ambition internationale. Nous voulons que l’international pèse plus que la France à terme.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant vos filiales françaises ?
PKM : Nous avons racheté plusieurs sociétés ; Voyagermoinscher.com et Avendrealouer.fr entre autres. L’idée est toujours de rester ou de devenir leader du marché en question. Voyagermoinscher.com est actuellement le leader de la comparaison de prix de voyages en France et nous comptons bien consolider cette place-là avant de développer le concept à l’étranger. Avendrealouer.fr n’est pas encore le leader de l’immobilier français mais c’est notre objectif. En 2010, que ce soit en France ou ailleurs, Priceminister et ses filiales tenteront de devenir leader.
Twideco : J’ai lu que vous consacriez 20% de votre temps, c'est-à-dire une journée par semaine aux médias. La communication, c’est important pour vous ?
PKM : Cela prend en effet énormément de temps, que ce soit le temps réel de l’interview mais également le temps passé à le préparer. Néanmoins, je pense que c’est une tâche primordiale du chef d’entreprise, et de lui seul, car il est le représentant de l’entreprise. L’image et la marque d’une entreprise se dessinent essentiellement à travers l’expérience client, le bouche à oreille, le marketing, mais également, au travers des médias et de la communication. Ce sont des relais de développement, de notoriété et d’image, essentiels et donc j’y passe du temps.
Twideco : Est-ce une activité à laquelle vous prenez du plaisir ?
PKM : Oui, beaucoup. C’est agréable de parler de sa société. Je suis très fier de ce que l’on réalise chaque jour et j’aime en parler. De plus, nous avons la chance d’être assez bien traités par la presse. Nous ne vendons pas de cigarettes, nous ne faisons pas de contrefaçon, nous luttons contre. Nous faisons partie d’un modèle économique qui globalement rend service aux gens et qui n’est pas attaquable éthiquement nous connaissons avec les journalistes des interactions plus positives que négatives. Donc, oui, c’est une activité à laquelle je prends du plaisir.
Twideco : Il y a environ un an, lors d’une interview avec E. Chevrillon sur BFM radio, vous clôturiez sur l’avenir des médias et notamment sur la TV sur internet. Vous disiez surveiller cela de très près. Qu’en est-il aujourd’hui ?
PKM : On le dit depuis 10 ans, mais aujourd’hui la télévision sur le net devient réalité. Ces derniers temps, les supports ne cessent de muter. J’ai l’impression que la télévision empiète sur le mobile et sur l’internet, que l’internet empiète sur le mobile, que la téléphonie empiète sur internet… Bref, tout devient possible et nous vivons une réelle mutation des moyens de communication. Nous savons que, dans quelques mois ou années, l’écran de télévision qui trône actuellement dans la plupart des salons des ménages français mais également internationaux, ne sera plus appelé « écran de télévision ». Ce sera un écran petit ou grand, avec ou sans projecteur, avec ou sans home cinéma, mais la distinction entre télévision et internet ne se fera plus. C’est d’ailleurs pour cela que je ne suis pas optimiste concernant l’avenir des télévisions dites commerciales, qui vivent de la publicité. A mon avis, le grand public va de plus en plus se tourner vers des émissions à la carte sans regarder la publicité. C’est un vaste mais très passionnant sujet cette évolution de la consommation des médias.
Twideco: Alors, si les gens ne regardent pas la pub ni avant ni après, comment finance-t-on le système ? Quel est selon vous le business modèle de la télévision de demain ?
PKM : J’aimerais le savoir. La télévision a énormément changé et je le comprends. Elle doit faire face à d’énormes coûts de production qu’elle tente par tous les moyens de réduire. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous allons plutôt vers un appauvrissement des contenus, qui sont déjà à mon sens très pauvres. Quand j’étais petit, j’aimais beaucoup regarder la télévision car il y avait un film quasiment tous les soirs. Aujourd’hui il y a des séries américaines, de la tv réalité mais hormis le dimanche, et encore pas toujours, il n’y a plus de films. L’avenir de la télévision est dans son contenu.
Twideco : La télévision ne devrait-elle pas évoluer vers un modèle comme celui de la radio qui comporte peu de moyens techniques, et donc financiers, et se focaliser sur le fond ?
PKM : A mon sens, c’est en effet sa seule chance de survie. Que ce soit du fond, que ce soit de l’instantané consommé comme du flux, il faut qu’elle change de modèle. Actuellement, les radios qui fonctionnent, sont celles qui proposent des programmes de format talk et information un peu brute et directe. A contrario, je pense que les radios musicales ne seront plus écoutées dans 5 ans. En effet, tout le monde aura sa play liste pour choisir les titres comme il le souhaite et cela sans publicités. J’avoue que je serais très embêté si je devais diriger une radio musicale aujourd’hui. Je pense que c’est un business qui va évoluer de manière « dramatique » comme disent les anglais, à prendre dans le sens de « beaucoup ».
Lucie BRASSEUR
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
Lors de mes premiers échanges avec certains de nos partenaires et amis, j’ai eu l’occasion de leur poser cette question, à quelque chose près, mots pour mots. Il en est ressorti une chose simple, tout dirigeant que nous soyons, nos relations à la presse nationale ou locale est presque une histoire d’amour. Nous avons tous, une émission de radio, un périodique ou un programme audio-visuel qui bouleverse nos angles de vue, nos façons d’aborder la réalité, notre rapport au monde. Dans le désordre, j’ai repertorié des BFM Radio et TV, des France Inter, Culture ou Info, des La Tribune, Les Echos, Le Monde ou bien encore le Figaro. D’une manière plus locale, la PQR reste indétrônable, nous la recevons tous, ou presque, par le courrier pour y glaner des résultats sportifs ou une impression générale de ce qui meut nos environnements proches : ville, département ou région.
Depuis près de deux ans, au sein de la rédaction de TWIDECO TV, nous organisons quotidiennement des émissions de télévision diffusées sur internet, j’ai donc été aux premières loges pour constater quelles sont les relations qu’entretiennent les dirigeants d’entreprise aux médias. Il me semble important de faire la distinction entre média et presse. Le média est l’organe qui met en scène l’information. Il est le bras armé organisant et triant les éléments, l’information. Les faits ne sont que ceux que l’on choisit - nous : journalistes - de mettre en avant. Un exemple récent : le drame en Haïti. Toute la presse s’est ruée sur l’événement. Impossible de ne pas déplorer un tel sinistre écologique, social et surtout humain. Cependant, au même instant, sous nos fenêtres des familles sont expulsées faute d’avoir les moyens de continuer à vivre, des mères nourrissent leurs enfants grâce aux restos du coeur - “l’honneur, disait Pagnol, c’est comme une allumette, ça ne sert qu’une fois” - elles savent bien ce que ça signifie, des dizaines d’exclus meurent de froids, en FRANCE. L’exemple est frappant, ne parlons pas des pluies diluviennes qui nettoient des pans entiers des bidonvilles à chaque saison de pluie, dans tous les pays “en voie de développement” du monde : Amérique Latine, Afrique, Asie. Ne parlons pas non plus des enfants qui continuent de fabriquer nos chaussures - et ordinateurs - dans les pays les plus pauvres, ne parlons pas de ces familles lointaines bien que nos frères humains pour paraphraser Albert Cohen qui errent dans le Sahel pour trouver de l’eau, simplement de l’eau. Les médias, dans leur mimétisme pour ne pas dire dans l’inertie informationnelle, nous ressassent les mêmes faits, les mêmes drames humains. A croire qu’outre les fashion week, il existerait les fashion news. A chaque saison son lot d’informations quasi identiques dans tous les médias. C’est un fait : impossible de changer les autres, alors changeons nous-même. Ce sera la première pierre à la construction d’un édifice social différent.
Cela dit, revenons aux dirigeants locaux, à vous, chers lecteurs. Vos lectures, vos attentes en matière de consommation de l’information, à l’heure du tout web (ou presque), il est apparu un événement surprenant - rassurant quand même. Quand d’aucun prédisait la mort du papier, de la télévision ou de la radio, vous avez su faire évoluer vos habitudes d’accès à l’information, en multipliant les canaux, bien que tous continuent de répondre à vos besoins. On ne lit pas le journal comme on regarde la télévision, ni même comme on écoute la radio ou que l’on surfe sur le web, pour regarder une émission de tv ou pour s’informer. A chaque média, son usage, et c’est tant mieux.
Je disais donc, qu’après plus de 300 émissions de télévisions diffusées sur internet, j’ai largement eu l’opportunité d’observer les comportements que vous entretenez avec les médias. Certains, consciemment ou non, adorent le support télé, le contact avec les journalistes en général, même si, souvent, par fausse modestie, ils hésitent quelques minutes à accepter l’invitation, ils sont trop heureux de sentir que l’on s’intéresse à eux. L’ego... Rien de négatif là-dedans. Si tous les dirigeants venaient à refuser de s’exprimer en public, à un micro ou lors d’un entretien avec un journaliste, d’autres le feraient à leur place, et là : catastrophe. Le jour où les dirigeants ne prendront plus la parole, d’autres le feront à leur place et l’adage “les patrons, tous des c...” deviendrait une réalité car on ne trouverait pas de preuve contraire à affirmer. L’égo, l’ambition, la reconnaissance, sont des concepts qui nous animent tous, de près ou de loin, dirigeants, collaborateurs, bénévoles : quand on fait quelque chose, on prend le risque d’être critiqué, mais surtout on aime que ça se sache.
Revenons à la différence entre presse et média. Les médias attirent, intriguent mais font peur aussi. Combien de dirigeants sollicités pour intervenir sur le plateau m’ont dit être terrorisés par les caméras? Combien m’ont dit être refroidis par une expérience douloureuse au cours de laquelle, un confrère aurait déformé ses propos, orientés pour servir une vision politique (au sens propre du terme) du monde? C’est un fait, beaucoup de dirigeants ont peur de ce que peuvent dire les journalistes à leur propos. Sans compter qu’ils sont rares ceux à qui on a donné droit à la parole. Un dirigeant est un homme ou une femme qui prend des risques, mise gros sur la table, vit, respire, est tout entier animé par son entreprise, “sa boîte”. Combien sont ceux qui m’ont simplement dit “vous savez, c’est la première fois pour moi”. Il faut une première fois à tout, et quand on est dirigeant on devrait avoir droit au chapitre beaucoup plus souvent. Cet hebdomadaire, comme la WebTV économique que nous avons créée il y a deux ans, est une tribune libre pour les dirigeants. Car, oui, tout est prétexte à l’économie : le sport, l’industrie, la culture, l’agriculture... Dans notre rapport au monde, tout est occasion à transaction monétaire. Un de mes anciens rédacteurs en chef me disait un jour “avoir des idées c’est bien, mais sans sonnant et trébuchant, tu n’iras pas loin”. Tout est dit.
C’est pour cette raison - l’impératif monétaire impliqué dans toute transaction humaine ou matérielle - que les dirigeants devraient avoir la responsabilité (encore une!) de s’exprimer sur le monde, la société. Un dirigeant d’entreprise voit le monde de manière globale, il sait qu’en créant son activité, il acquiert non seule ent son indépendance mais souvent celle de nombreux autres, qui croient en lui. Être responsable de soi mais surtout d’autres, c’est la chose la plus merveilleuse mais la plus complexe aussi. Ainsi, lorsque l’on crée une société, les banquiers et les réseaux d’accompagnement nous demandent nos CV - il faut bien une preuve du sérieux de celui qui prend de telles responsabilités - , comme si pour devenir parent, on devait passer un test d’aptitude... Mais laissons là nos amis banquiers, c’est un autre débat.
Les dirigeants d’entreprise aiment les médias, ils les consultent comme de précieux outils, leur permettant d’élargir leur vision du monde, d’affiner leurs perceptions, leur offrant la possibilité de développer leur business et donc de créer davantage de valeur humaine (en créant des emplois) ou de valeurs matérielles réinjectées dans le tissu économique, dans la société. Le dirigeant aime son quotidien, son hebdomadaire, son émission de tv, ou de radio, ses sites d’information ou de divertissement mais en même temps, soyons réalistes, les dirigeants nous craignent, nous médias, qui ne devrions être rien de plus que des relais d’information, les aidant à prendre plus justement leurs décisions.
Envoyez vos réactions à :
lucie.brasseur@twideco.com
Depuis près de deux ans, au sein de la rédaction de TWIDECO TV, nous organisons quotidiennement des émissions de télévision diffusées sur internet, j’ai donc été aux premières loges pour constater quelles sont les relations qu’entretiennent les dirigeants d’entreprise aux médias. Il me semble important de faire la distinction entre média et presse. Le média est l’organe qui met en scène l’information. Il est le bras armé organisant et triant les éléments, l’information. Les faits ne sont que ceux que l’on choisit - nous : journalistes - de mettre en avant. Un exemple récent : le drame en Haïti. Toute la presse s’est ruée sur l’événement. Impossible de ne pas déplorer un tel sinistre écologique, social et surtout humain. Cependant, au même instant, sous nos fenêtres des familles sont expulsées faute d’avoir les moyens de continuer à vivre, des mères nourrissent leurs enfants grâce aux restos du coeur - “l’honneur, disait Pagnol, c’est comme une allumette, ça ne sert qu’une fois” - elles savent bien ce que ça signifie, des dizaines d’exclus meurent de froids, en FRANCE. L’exemple est frappant, ne parlons pas des pluies diluviennes qui nettoient des pans entiers des bidonvilles à chaque saison de pluie, dans tous les pays “en voie de développement” du monde : Amérique Latine, Afrique, Asie. Ne parlons pas non plus des enfants qui continuent de fabriquer nos chaussures - et ordinateurs - dans les pays les plus pauvres, ne parlons pas de ces familles lointaines bien que nos frères humains pour paraphraser Albert Cohen qui errent dans le Sahel pour trouver de l’eau, simplement de l’eau. Les médias, dans leur mimétisme pour ne pas dire dans l’inertie informationnelle, nous ressassent les mêmes faits, les mêmes drames humains. A croire qu’outre les fashion week, il existerait les fashion news. A chaque saison son lot d’informations quasi identiques dans tous les médias. C’est un fait : impossible de changer les autres, alors changeons nous-même. Ce sera la première pierre à la construction d’un édifice social différent.
Cela dit, revenons aux dirigeants locaux, à vous, chers lecteurs. Vos lectures, vos attentes en matière de consommation de l’information, à l’heure du tout web (ou presque), il est apparu un événement surprenant - rassurant quand même. Quand d’aucun prédisait la mort du papier, de la télévision ou de la radio, vous avez su faire évoluer vos habitudes d’accès à l’information, en multipliant les canaux, bien que tous continuent de répondre à vos besoins. On ne lit pas le journal comme on regarde la télévision, ni même comme on écoute la radio ou que l’on surfe sur le web, pour regarder une émission de tv ou pour s’informer. A chaque média, son usage, et c’est tant mieux.
Je disais donc, qu’après plus de 300 émissions de télévisions diffusées sur internet, j’ai largement eu l’opportunité d’observer les comportements que vous entretenez avec les médias. Certains, consciemment ou non, adorent le support télé, le contact avec les journalistes en général, même si, souvent, par fausse modestie, ils hésitent quelques minutes à accepter l’invitation, ils sont trop heureux de sentir que l’on s’intéresse à eux. L’ego... Rien de négatif là-dedans. Si tous les dirigeants venaient à refuser de s’exprimer en public, à un micro ou lors d’un entretien avec un journaliste, d’autres le feraient à leur place, et là : catastrophe. Le jour où les dirigeants ne prendront plus la parole, d’autres le feront à leur place et l’adage “les patrons, tous des c...” deviendrait une réalité car on ne trouverait pas de preuve contraire à affirmer. L’égo, l’ambition, la reconnaissance, sont des concepts qui nous animent tous, de près ou de loin, dirigeants, collaborateurs, bénévoles : quand on fait quelque chose, on prend le risque d’être critiqué, mais surtout on aime que ça se sache.
Revenons à la différence entre presse et média. Les médias attirent, intriguent mais font peur aussi. Combien de dirigeants sollicités pour intervenir sur le plateau m’ont dit être terrorisés par les caméras? Combien m’ont dit être refroidis par une expérience douloureuse au cours de laquelle, un confrère aurait déformé ses propos, orientés pour servir une vision politique (au sens propre du terme) du monde? C’est un fait, beaucoup de dirigeants ont peur de ce que peuvent dire les journalistes à leur propos. Sans compter qu’ils sont rares ceux à qui on a donné droit à la parole. Un dirigeant est un homme ou une femme qui prend des risques, mise gros sur la table, vit, respire, est tout entier animé par son entreprise, “sa boîte”. Combien sont ceux qui m’ont simplement dit “vous savez, c’est la première fois pour moi”. Il faut une première fois à tout, et quand on est dirigeant on devrait avoir droit au chapitre beaucoup plus souvent. Cet hebdomadaire, comme la WebTV économique que nous avons créée il y a deux ans, est une tribune libre pour les dirigeants. Car, oui, tout est prétexte à l’économie : le sport, l’industrie, la culture, l’agriculture... Dans notre rapport au monde, tout est occasion à transaction monétaire. Un de mes anciens rédacteurs en chef me disait un jour “avoir des idées c’est bien, mais sans sonnant et trébuchant, tu n’iras pas loin”. Tout est dit.
C’est pour cette raison - l’impératif monétaire impliqué dans toute transaction humaine ou matérielle - que les dirigeants devraient avoir la responsabilité (encore une!) de s’exprimer sur le monde, la société. Un dirigeant d’entreprise voit le monde de manière globale, il sait qu’en créant son activité, il acquiert non seule ent son indépendance mais souvent celle de nombreux autres, qui croient en lui. Être responsable de soi mais surtout d’autres, c’est la chose la plus merveilleuse mais la plus complexe aussi. Ainsi, lorsque l’on crée une société, les banquiers et les réseaux d’accompagnement nous demandent nos CV - il faut bien une preuve du sérieux de celui qui prend de telles responsabilités - , comme si pour devenir parent, on devait passer un test d’aptitude... Mais laissons là nos amis banquiers, c’est un autre débat.
Les dirigeants d’entreprise aiment les médias, ils les consultent comme de précieux outils, leur permettant d’élargir leur vision du monde, d’affiner leurs perceptions, leur offrant la possibilité de développer leur business et donc de créer davantage de valeur humaine (en créant des emplois) ou de valeurs matérielles réinjectées dans le tissu économique, dans la société. Le dirigeant aime son quotidien, son hebdomadaire, son émission de tv, ou de radio, ses sites d’information ou de divertissement mais en même temps, soyons réalistes, les dirigeants nous craignent, nous médias, qui ne devrions être rien de plus que des relais d’information, les aidant à prendre plus justement leurs décisions.
Envoyez vos réactions à :
lucie.brasseur@twideco.com
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
Corinne est membre, entre autres, du Centre des Jeunes Dirigeants d’Orléans, du GEZI et de la communauté ECOBIZ. Elle a suivi les formations à l’ESSCA, au CESA Marketing HEC et du Groupe AFNOR. Avant de monter sa société Osmoze, elle est passée par la Nouvelle République du Centre Ouest (à Tours), le Groupe Valloire (à Orléans) et a également occupé le poste de directeur adjoint pour CIL Valloire.
Twideco : La parole vous est donnée, Corinne. Sur quels faits marquants de 2009 souhaitez-vous revenir ?
Corinne TURPIN : Le développement durable repose sur trois piliers qui interagissent dans une spirale vertueuse de progrès. J’ai donc choisi trois faits marquants qui concernent les trois piliers suivants : économique, social / sociétal et enfin, environnemental.
Le premier fait qui m’ait particulièrement touché est la crise financière, qui a montré toutes les limites d’un système contraire à ma vision de l’entrepreneuriat.
Le deuxième fait serait l’élection de Barack Obama, qui représente pour moi un symbole de la diversité au plus haut sommet et un immense espoir pour tous ceux qui subissent des discriminations raciales.
Enfin, le troisième fait que je retiendrais de cette année 2009 est l’échec du sommet de Copenhague. Cet échec pose le problème tel qu’il était à la naissance du concept de développement durable dans les années 70, à savoir : comment tous les pays du monde peuvent-ils négocier aujourd’hui une responsabilité collective de l’impact sur l’environnement, d’abord causé par les pays industrialisés ? Nicolas Hulot, au travers de son film sorti en 2009 ; « le Syndrome du Titanic », met magnifiquement en exergue l’enjeu humain qui prédomine le débat : comment résoudre l’urgence du réchauffement climatique à l’échelle de la planète, alors que tant de personnes sur cette terre ont une préoccupation qui est simplement celle de se nourrir et de nourrir leurs enfants…
Twideco : Pourquoi ces faits-là vous ont-ils marqués plus que d’autres ?
Corinne TURPIN : Parce qu’ils touchent à mes valeurs qui sont des valeurs profondément humanistes.
Twideco : Etiez-vous déjà sensibilisée à ce sujet-là ?
Corinne TURPIN : Oui et c’est bien pour cela que j’ai créé OSMOZE ! Le développement durable, c’est d’abord des valeurs humaines : c’est mettre l’homme au cœur de tout. En entreprise, un projet développement durable, c’est d’abord donner à chacun la chance de participer à un projet qui a du sens et qui est source de performance durable ! Comme le dit Hubert Reeves, la planète s’en sortira toujours mais la vraie question c’est celle de la place de l’homme sur la planète. C’est pourquoi, quand on parle de développement durable, on ne parle pas que de tri des déchets et d’ampoules basse consommation.
Twideco : En matière d’économie, avez-vous un souhait particulier à émettre ?
Corinne TURPIN : Je souhaite la fin des paradis fiscaux. Je compte beaucoup sur le plan de relance qui devrait permettre d’accélérer l’économie «responsable ».
Twideco : Quelles ont été les répercutions de ce fait sur votre business ?
Corinne TURPIN : Quand j’ai créé OSMOZE en 2006, j’étais un peu en avance. Les dirigeants d’entreprise que je rencontre aujourd’hui, et qui sont mes clients, ont des points communs. Ce sont des hommes de valeur, des hommes de réseaux, des pionniers. Ils possèdent une culture d’entreprise ouverte sur la qualité, l’innovation, la citoyenneté, la participation, l’écoute et l’environnement... C’est tout un état d’esprit qui se développe petit à petit ! Je leur apporte une méthodologie pour structurer, aller plus loin dans leurs engagements ponctuels et gagner encore plus en efficacité. Le terme « Développement durable » est souvent galvaudé et c’est très dommageable. On parle aussi de RSE dans l’entreprise (Responsabilité Sociale et Environnementale), mais il s’agit d’abord d’une posture : ce n’est pas par hasard que l’on commence par parler des valeurs de l’entreprise, quand on fait un Diagnostic Développement Durable !
Twideco : Quel événement majeur pourriez-vous imaginer pour l’année à venir ?
Corinne TURPIN : Je sais qu’il faut encore et toujours sensibiliser, expliquer et innover.
Cette année, je propose aux entreprises, associations et fédérations professionnelles, un jeu de plateau pour découvrir ce qu’est le développement durable en entreprise. Le jeu s’appelle « I nove You » et a été créé par le CJD. Le principe est simple ; huit dirigeants se retrouvent autour d’une table et échangent sur leur entreprise et leurs pratiques professionnelles en matière de développement durable. Cela peut également se faire au sein d’un comité de direction ou entre membres d’une même équipe. C’est une approche ludique, qui permet les échanges, la réflexion et qui plait beaucoup !
www.osmoze-conseil.fr
Mylène JOUVE
OSMOZE accompagne les entreprises et les collectivités dans la mise en œuvre de démarches structurées de développement durable visant à une meilleure performance économique, sociale et environnementale, de type agendas 21. C’est un diagnostic qui concerne la stratégie de l’entreprise ainsi que son dirigeant mais qui implique également fortement les collaborateurs.
Corinne TURPIN : Le développement durable repose sur trois piliers qui interagissent dans une spirale vertueuse de progrès. J’ai donc choisi trois faits marquants qui concernent les trois piliers suivants : économique, social / sociétal et enfin, environnemental.
Le premier fait qui m’ait particulièrement touché est la crise financière, qui a montré toutes les limites d’un système contraire à ma vision de l’entrepreneuriat.
Le deuxième fait serait l’élection de Barack Obama, qui représente pour moi un symbole de la diversité au plus haut sommet et un immense espoir pour tous ceux qui subissent des discriminations raciales.
Enfin, le troisième fait que je retiendrais de cette année 2009 est l’échec du sommet de Copenhague. Cet échec pose le problème tel qu’il était à la naissance du concept de développement durable dans les années 70, à savoir : comment tous les pays du monde peuvent-ils négocier aujourd’hui une responsabilité collective de l’impact sur l’environnement, d’abord causé par les pays industrialisés ? Nicolas Hulot, au travers de son film sorti en 2009 ; « le Syndrome du Titanic », met magnifiquement en exergue l’enjeu humain qui prédomine le débat : comment résoudre l’urgence du réchauffement climatique à l’échelle de la planète, alors que tant de personnes sur cette terre ont une préoccupation qui est simplement celle de se nourrir et de nourrir leurs enfants…
Twideco : Pourquoi ces faits-là vous ont-ils marqués plus que d’autres ?
Corinne TURPIN : Parce qu’ils touchent à mes valeurs qui sont des valeurs profondément humanistes.
Twideco : Etiez-vous déjà sensibilisée à ce sujet-là ?
Corinne TURPIN : Oui et c’est bien pour cela que j’ai créé OSMOZE ! Le développement durable, c’est d’abord des valeurs humaines : c’est mettre l’homme au cœur de tout. En entreprise, un projet développement durable, c’est d’abord donner à chacun la chance de participer à un projet qui a du sens et qui est source de performance durable ! Comme le dit Hubert Reeves, la planète s’en sortira toujours mais la vraie question c’est celle de la place de l’homme sur la planète. C’est pourquoi, quand on parle de développement durable, on ne parle pas que de tri des déchets et d’ampoules basse consommation.
Twideco : En matière d’économie, avez-vous un souhait particulier à émettre ?
Corinne TURPIN : Je souhaite la fin des paradis fiscaux. Je compte beaucoup sur le plan de relance qui devrait permettre d’accélérer l’économie «responsable ».
Twideco : Quelles ont été les répercutions de ce fait sur votre business ?
Corinne TURPIN : Quand j’ai créé OSMOZE en 2006, j’étais un peu en avance. Les dirigeants d’entreprise que je rencontre aujourd’hui, et qui sont mes clients, ont des points communs. Ce sont des hommes de valeur, des hommes de réseaux, des pionniers. Ils possèdent une culture d’entreprise ouverte sur la qualité, l’innovation, la citoyenneté, la participation, l’écoute et l’environnement... C’est tout un état d’esprit qui se développe petit à petit ! Je leur apporte une méthodologie pour structurer, aller plus loin dans leurs engagements ponctuels et gagner encore plus en efficacité. Le terme « Développement durable » est souvent galvaudé et c’est très dommageable. On parle aussi de RSE dans l’entreprise (Responsabilité Sociale et Environnementale), mais il s’agit d’abord d’une posture : ce n’est pas par hasard que l’on commence par parler des valeurs de l’entreprise, quand on fait un Diagnostic Développement Durable !
Twideco : Quel événement majeur pourriez-vous imaginer pour l’année à venir ?
Corinne TURPIN : Je sais qu’il faut encore et toujours sensibiliser, expliquer et innover.
Cette année, je propose aux entreprises, associations et fédérations professionnelles, un jeu de plateau pour découvrir ce qu’est le développement durable en entreprise. Le jeu s’appelle « I nove You » et a été créé par le CJD. Le principe est simple ; huit dirigeants se retrouvent autour d’une table et échangent sur leur entreprise et leurs pratiques professionnelles en matière de développement durable. Cela peut également se faire au sein d’un comité de direction ou entre membres d’une même équipe. C’est une approche ludique, qui permet les échanges, la réflexion et qui plait beaucoup !
www.osmoze-conseil.fr
Mylène JOUVE
OSMOZE accompagne les entreprises et les collectivités dans la mise en œuvre de démarches structurées de développement durable visant à une meilleure performance économique, sociale et environnementale, de type agendas 21. C’est un diagnostic qui concerne la stratégie de l’entreprise ainsi que son dirigeant mais qui implique également fortement les collaborateurs.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
Les femmes, minorité visible ? Si la formule peut faire sourire, quand il s'agit d'entrepreneuriat, on se rend vite compte que l'on n'est pas si loin de la réalité. Le nombre de femmes exerçant des fonctions à hautes responsabilités reste faible, les écarts de salaire à compétences et poste identiques, même s'ils ont tendance à se réduire, restent réels. Selon une étude présentée par Maïmouna Fossorier de l'Apec lors de la 4° édition du Forum de l'entrepreneuriat au féminin organisé le 28 janvier dernier à Tours, sous l'impulsion de l'association Femmes 3000, ces écarts sont encore en moyenne de 22%. Près d'un quart inférieurs aux salaires des hommes. Sandra Minault, formatrice, entrepreneur au féminin et conférencière a rappelé que plus des 3/4 des femmes qui ont créé leur activité se déclarent très heureuses. En créant son activité professionnelle, on se créer « une chambre à soi » pour paraphraser Virginia Woolf. Cet événement majeur pour la région en matière d'entrepreneuriat féminin, l'un des rares du genre sur notre territoire, est aussi l'occasion d'échanges avec les partenaires de la création ou de la reprise, avec d'autres femmes chefs d'entreprise, autour d'un café ou d'un déjeuner networking. L'après-midi est consacré à des ateliers pratiques animés par les partenaires. Enfin, cette année, c'est Madame37.fr, site d'information au féminin en Indre-et-Loire, comme son nom l'indique, et Marie-Hélène Guereau, sa rédactrice en chef, qui a reçu la récompense pour l’ensemble de son parcours professionnel. Si le forum laissait la part belle aux femmes, et ce n'est pas choses si courante, les hommes n'en étaient pas exclus : Anthony Fumard de l'Apec d'Orléans, Bruno Gonzague et Jacques Vautier du Medef 37 ou encore Roger Mahoudeau, président de la CCI de Touraine, étaient présents pour encourager leurs soeurs à prendre des risques, de choisir leurs modes de vie et notamment de se lancer dans l’univers magique de l’entrepreneuriat. Si vous souhaitez découvrir les actions menées par les membres de l'association et de sa présidente Nathalie Molisson www.femmes3000.fr. LB
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
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