Le Blog de la Rédac

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Eric PERRIER, directeur de la R&D et président du GIE (Groupement d’Intérêt Economique) LVMH Recherche.

Passionné de biologie et de chimie, Eric Perrier est né le 6 novembre 1963 à Valence (Drôme). Après un parcours universitaire brillant, navigant entre chimie, physique et biologie, il dirige actuellement le GIE LVMH Recherche. Son amour de l’innovation n’aveugle en rien sa vision extrêmement claire de son rôle dans le tissu économique régional, national et international. Personnage discret, exalté, fortement engagé pour ses collaborateurs et pour les consommatrices finales des produits, qu’ils développent ensemble, Eric Perrier sait parler d’innovation, de molécules, de chimie ou de biologie en créant l’adhésion immédiate de son auditoire. Rencontre.


Eric PERRIER : « Une innovation est un produit qui rencontre ses consommateurs » (n°2 - 22 Mars 2010)
Twideco : Nous savons tous que vous êtes directeur de la R&D LVMH Recherche mais nous en savons un peu moins sur ce qui vous amené à ce poste. Pouvez-vous revenir en quelques phrases sur votre parcours ?
Eric PERRIER : Je me suis passionné très tôt, vers la 3ème, pour la frontière entre la biologie et la chimie. Je voulais savoir ce qui se cachait derrière la biologie et comprendre les réactions chimiques que la biologie implique. Tout au long de ma scolarité, j’ai toujours navigué entre ces deux secteurs : biologie et chimie. J’ai fait un bac C, plus axé physique-chimie que biologie, par définition. Puis, j’ai quitté Valence pour entrer à la fac de Lyon où j’ai préparé un DEUG de biologie. Ces deux années de DEUG passées et mon diplôme en poche, j’ai rejoint une école de chimie organique, l’ESIL, Ecole Supérieure de Chimie Industrielle de Lyon. A l’époque, cette grande école préparait à rentrer chez Rhône Poulenc, dans le couloir de la chimie, puisque la région lyonnaise est forte de grands noms de la chimie organique en générale, et de la chimie fine en particulier. J’avais toujours en tête la biologie mais le directeur de l’école m’avait décidé à y entrer en me disant : « Je comprends cette passion que vous avez pour la biologie mais, pour être bon en biologie, il faut être bon en chimie. » J’ai donc mis cela en pratique. J’ai travaillé sur la chimie et j’ai obtenu mon diplôme. Mais comme la biologie me tarabusquait encore fortement, je suis reparti à la fac pour effectuer un DEA de biotechnologie à l’université de Compiègne, la plus réputée dans ce domaine. J’avais compris que ce qui faisait que la biologie pouvait être utile à l’homme n’était finalement ni plus ni moins que la biotechnologie : la biologie utilisée par l’homme. Je suis donc sorti de mes études avec le double diplôme en poche et j’ai rejoint assez rapidement un groupe agro-industriel qui deviendra ensuite Cerestar puis Cargill. Nous avions des unités un peu partout en Europe mais en particulier un centre de recherche en périphérie de Bruxelles. Cette unité travaillait le blé et le maïs et développait ses produits et sous-produits. Mon activité consistait à impliquer la biotechnologie dans le secteur agroalimentaire, mais aussi dans des secteurs autres, en particulier la cosmétique et la pharmaceutique. Je suis resté quatre ans à Bruxelles puis j’ai rejoint en 1990 la société Coletica. C’était une petite PME lyonnaise, créé 4 ans plus tôt, qui avait comme champs d’action l’industrie de la cosmétique et de la pharmacie. Assez rapidement, la société s’est orientée en direction de la cosmétique uniquement. Quand je suis arrivé, nous étions une petite équipe de cinq chercheurs et quand je l’ai quittée en 2005, soit 15 ans plus tard, nous étions trente chercheurs à Lyon et trente chercheurs aux États-Unis soit soixante chercheurs dans le domaine de la recherche des ingrédients nouveaux pour l’industrie de la cosmétique.

Twideco : Comment êtes-vous entré chez LVMH et pourquoi ?
Eric PERRIER : Vous savez, Coletica a représenté 15 ans de pur plaisir. J’ai vu grandir une petite société à partir de rien et je l’ai quitté alors qu’elle était devenue une société établie et vraiment organisée. C’est ce qui me passionne dans la vie d’une PME. Il faut aussi dire que nos programmes de recherche étaient très intéressants et que nous étions capables d’apporter l’innovation à nos clients, grands noms de la cosmétique tels que, LVMH, Clarins, L’Oréal, Estée Lauder aux USA, Shiseido au Japon, etc. A ce moment-là, j’étais donc en relation avec les directeurs de la recherche et développement de toutes ces grandes maisons pour essayer d’élaborer avec eux des programmes de recherches. Quand l’opportunité d’un poste dans un grand groupe cosmétique s’est présentée à moi, je l’ai saisie. C’était un nouveau challenge, un monde un peu différent de celui que j’avais connu puisque je passais du B2B au B2C. Et puis, du côté de la problématique de l’innovation, je perdais le côté agile d’une PME pour un autre mode de fonctionnement. Je me suis rendu compte à ce moment-là qu’il faut très peu de choses, pour rendre une société agile et qu’il en faut également très peu aussi pour la rendre sclérosée.

Twideco : Ce côté agile d’une PME vous manque-t-il chez LVMH ?
Eric PERRIER : Non, car j’ai rejoint l’équipe LVMH Recherche qui est un Groupement d’Intérêt Économique. Ce GIE n’est finalement ni plus ni moins qu’une sorte de PME puisque nous ne comptons que 250 personnes. Cela s’apparenterait certes à une grosse PME, mais je veux dire par là que notre organisation découle encore d’une échelle humaine.

Twideco : Quelle est votre fonction exacte au sein de ce GIE ?
Eric PERRIER : Je suis directeur recherche et développement au sein du GIE mais je suis également président du collège des administrateurs. Il faut savoir que le GIE est une société indépendante qui compte comme actionnaires principaux Dior, Guerlain et Givenchy. Ces trois actionnaires ont décidé dans les années 1985 de mettre en commun leurs équipes de recherche afin de créer une synergie d’effet et posséder ainsi un centre de recherche plus important que chacun des trois centres de recherche qu’ils avaient et, qui étaient indépendants, à l’époque. Ils ont donc créé ce GIE et aujourd’hui, je suis à la fois directeur recherche et développement pour ces trois maisons : Dior, Guerlain et Givenchy, mais également président du collège des administrateurs du GIE.

Twideco : Comment fait-on pour être le directeur R&D de trois maisons si prestigieuses ? Quand un procédé innovant sur une crème de jour, par exemple, est créé à qui en revient l’usage : Guerlain, Givenchy ou Dior ?
Eric PERRIER : On me pose toujours cette question et il est très intéressant d’y répondre. L’Oréal possède plus de 20 ou 30 marques pour lesquelles ce sont leurs mêmes équipes de recherches qui travaillent. Nous connaissons un peu le même type de problématiques. Pour y remédier, nous écoutons énormément nos marques. Notre innovation doit correspondre à l’innovation que nos marques, et donc nos consommateurs, attendent. Ma passion, c’est l’innovation. J’aime créer toutes les conditions requises pour faire en sorte que l’innovation puisse émerger et rester dynamique dans un centre de recherche. L’innovation finalement ne peut fonctionner qu’à partir du moment où il y a écoute des consommateurs. Nous sommes d’ailleurs probablement le seul centre de recherche en France appliqué à la cosmétique dans lequel, au sein du centre de recherche, nous possédons aussi une équipe dédiée à l’étude des consommateurs. Notre objectif est clairement de découvrir quels seront les besoins et attentes des consommateurs dans les années à venir. Il faut prendre en compte les évolutions de la société, qui par exemple s’urbanise de plus en plus. Il existe partout des éléments contextuels de société qui représentent de vrais éclairages pour l’innovation en terme de packaging, de portabilité ou de façon d’utiliser les produits. Nous étudions également les utilisations des produits dans le monde. Comment sont-ils utilisés ? Avec du coton, avec les mains ou avec un gant ? Quels sont les gestes pour se démaquiller, pour le traitement de la peau ou pour appliquer un produit de soin ou un parfum ? Ces éléments sont extrêmement importants pour comprendre les attentes. C’est seulement ensuite que nous allons rentrer au niveau de la spécificité de la marque. Les clientes de Guerlain ne sont pas les clientes de Dior, ni celles de Givenchy ou de Kenzo. En écoutant les consommatrices, en les regardant travailler et en les regardant utiliser ces produits, nous comprenons finalement quelles sont les attentes particulières envers ces produits, quelle est leur marque de fabrique. Nous fonctionnons donc avec trois éclairages marchés donnés par nos équipes travaillant sur nos consommateurs. Parallèlement, nos équipes de chercheurs travaillent à la compréhension de la peau qui est, comme je le dis souvent, notre principale source d’innovation. En comprenant la peau, en comprenant comment elle réagit à des agressions extérieures ou revient à l’équilibre, à quelle vitesse et comment, nous pouvons développer des produits pour lutter contre le froid, le chaud ou toute autre agression. Nous nous devons de comprendre la peau à la fois macroscopiquement et microscopiquement. Dans ce cadre-là, notre approche est innovante. Nous observons les consommatrices, regardons leur peau, nous prenons des photos, mais en même temps, nous regardons à l’intérieur de la peau, en profondeur. Nous organisons régulièrement des symposiums partout dans le monde pour expliquer à la communauté scientifique ce que nous faisons et en quoi nos recherches peuvent apporter des éléments innovants qui nous permettent, là aussi, de découvrir de nouvelles façons d’appliquer des produits cosmétiques sur la peau. C’est donc la réunion de nos études consommateurs d’un côté et études scientifiques de l’autre qui nous permet d’innover en répondant à une marque plutôt qu’à une autre. Chaque marque possédant son propre ADN, nos recherches, de par leurs propres particularités, vont convenir plutôt à telle marque que telle autre. Je ne dirais pas pour autant que chaque marque peut être résumée à une seule notion mais seulement qu’elles sont suffisamment typées pour que les innovations de nos laboratoires soient présentées aux marques les plus sensibles. Dans les faits, nous présentons nos innovations aux trois marques en même temps et elles choisissent. La première a l’exclusivité mais globalement, il n’y a pas de problème d’une marque par rapport à l’autre puisque chaque marque est vraiment très différentes et possède ses propres demandes et envies et, c’est ça qui importe.

Twideco : Vous vous dites passionné d’innovation, alors entre recherche et innovation, quels sont les liens que vous faites ? A quel moment passe-t-on de recherche à innovation ?
Eric PERRIER : Chacun a sa définition mais voici la mienne. L’innovation, c’est le fait de découvrir un produit et surtout qu’il remporte un succès sur le marché, sinon il reste à l’étape de découverte. Pour moi, la définition est très claire. Une innovation est un produit qui rencontre ses consommateurs. Par contre, je fais une différence entre recherche et innovation collective ou recherche collective. Même si nous sommes le deuxième plus gros centre de recherche en cosmétique en France, nous conservons finalement une petite taille. Nous compensons par une grande agilité. Plutôt que de tout développer en interne, nous travaillons de trois façons différentes. D’abord, bien sûr, nous travaillons dans nos laboratoires, en interne. Mais nous considérons aussi que la recherche fondamentale permet de faire des grands pas dans la connaissance, aussi, ponctuellement, il nous arrive de travailler avec le CNRS, l’INSERM, l’IFREMER ou le CIRAD. Il nous arrive également de travailler avec d’autres centres de recherches fondamentales un peu partout dans le monde. Enfin, nous développons des partenariats avec nos fournisseurs parce que l’innovation peut jaillir de tous. Pour nous, tous ce qui est innovant est digne d’être étudié et d’être intégré dans des formules innovantes que nous proposons sur le marché. Notre recherche, vous le voyez, est vraiment ouverte : ouverte en direction de la recherche publique, des start-up, des PME, ou des fournisseurs et c’est grâce à cette ouverture que nous sommes très innovants.

Twideco : Quels est le business model d’un centre de recherche ? Comment génère-t-on de l’argent avec de la recherche?
Eric PERRIER : Le business model d’un centre de recherche, c’est... un centre de coûts. Nous investissons pour le compte des marques dans les programmes de recherche pour lesquels nous espérons proposer des produits qui vont réussir sur le marché et qui vont, de fait, aider les marques à financer notre centre de recherche d’une année sur l’autre. En pratique, chaque année, le budget du centre de recherche de l’année suivante est défini aux alentours du mois de septembre et nous planifions les investissements de chacune des maisons dans nos programmes de recherche.

Twideco : Peut-on avoir une idée du budget en question ?
Eric PERRIER : C’est une donnée confidentielle. Mais je peux vous assurer que ce sont des données significatives de recherche. Les collaborations avec les équipes universitaires et avec les PME représentent le deuxième plus gros budget de notre centre de recherche, après les salaires évidemment, puisque les salaires sont assez conséquents dans un centre de recherche, comme vous pouvez l’imaginer.

Twideco : Vous êtes entré chez LVMH en 2005. C’est justement l’année où la Cosmetic Valley a été labellisée pôle de compétitivité. Quelle responsabilité cela représente-t-il pour vous d’être directeur R&D LVMH au sein de la Cosmetic Valley quand on sait que LVMH-Dior est l’un des principaux piliers du pôle de compétitivité ?
Eric PERRIER : Pour vous répondre, je vais me replacer 5 ou 10 ans en arrière quand je travaillais à Lyon, au sein de la société Colectica puis Engelhard Personal Care. En Rhône-Alpes, même s’il se trouvait beaucoup de centres de recherche fondamentale de très haut niveau, des centres de recherches, des PME ou des grands groupes, il n’y avait pas de fabricants de produits cosmétiques. C’était une très grande faiblesse que ne connaît pas la Cosmetic Valley. Nous avons en région Centre une densité énorme de PME, de PMI, de centres de recherche, d’hôpitaux, d’universités qui peuvent être dédiés à la cosmétique ou qui le sont même déjà. C’est une chance incroyable car ceux qui fabriquent les produits finis, les donneurs d’ordre, sont là. En Rhône-Alpes, nous avions de magnifiques programmes de recherche, certes, mais nous n’avions pas les utilisateurs finaux présents sur place. J’avoue donc que j’ai une chance extraordinaire d’être au sien de la Cosmetic Valley régionalement parlant, car c’est un terreau extrêmement intéressant dans lequel nous allons pouvoir tisser des liens et faire en sorte de monter des programmes de recherche de très grande qualité. Nous pouvons faire ici de très belles choses tout en ayant des applications cosmétiques finales en impliquant le concret avec des PME, PMI ou start-up. C’est un gros avantage. Deuxièmement, pour vraiment répondre à votre question, il est évident que LVMH Recherche étant le plus gros centre de recherche de cosmétique de la Cosmetic Valley, on attend beaucoup de nous. Nous essayons de jouer notre rôle au mieux mais il ne faut pas oublier que la critique est facile. En faisant partie de la Cosmetic Valley, nous risquons la critique car en en faisant partie, nous touchons des subventions, or nous sommes déjà « riches ». D’un autre côté, si nous ne faisions pas partie de la Cosmetic Valley, nous risquerions de passer pour « snobs ». Vous voyez que c’est un peu compliqué. Nous avons donc décidé de participer à un certain nombre de programmes de recherche de la Cosmetic Valley. Nous recevons des subventions mais 100% de ces subventions sont réinjectées dans des contrats de sous-traitance ou dans des contrats de fournitures de travaux de recherche dans des PME ou des start-up qui ne font pas partie du consortium mais qui existent et sont, par conséquent, remarquées en tant que prestataires des consortiums.

Twideco : Après s’être fortement axé sur le cosméto-textile, aujourd’hui la Cosmetic Valley parle davantage, dans ses différents programmes de recherche, de « cosmetic & sensory ». Pour vous, quels sont les points de concordance et les différences entre ces deux notions ? Etait-ce une évolution logique ? Un axe de développement stratégique chez LVMH ?
Eric PERRIER : Le cosméto-textile n’a jamais été un produit phare chez LVMH donc, même si c’est un sujet très intéressant et un domaine où il peut y avoir de belles innovations, c’est quelque chose qui nous intéresse moyennement. Nous restons plus axés vers la cosmétique et la parfumerie assez classique, innovante mais classique. Dans ce sens-là, j’ai participé au congrès qui a eu lieu à Tours l’année dernière, « Sensory & Evaluation ». Nous posons la problématique de ce qui caractérise un produit de luxe dans le domaine du soin, du maquillage et du parfum. Finalement, ce qui crée notre différence, c’est l’extrêmement grande qualité de nos produits d’un point de vue sensoriel. Nos clients attendent de nos produits une qualité sensorielle extraordinaire tout en combinant l’efficacité biologique la plus forte possible. Le paradoxe persiste, ces deux notions sont forcément antinomiques. Le client attend de nous que nous lui fournissions les bons côtés de ces deux typologies de produits sans les mauvais côtés.

Twideco : Revenons sur la construction du bâtiment Hélios. Où en est-on ?
Eric PERRIER : Ce projet représentait une problématique technique très importante. Elle s’est même avérée à un moment donné quasiment insoluble. Le panier de basket en verre transparent au centre du bâtiment posait un problème de jonction. Nous avons pris beaucoup de retard en essayant de résoudre ce problème mais maintenant nous avons la solution. Le programme a suivi son court, nous avons travaillé sans cesse et nous espérons pouvoir signer dans le mois qui vient pour démarrer les travaux assez rapidement. Le bâtiment devrait pouvoir nous être livré début 2012.

Twideco : La création de ce bâtiment représente-t-elle un axe de développement stratégique important ?
Eric PERRIER : Tout à fait. Généralement, quand on construit un centre de recherche, on construit un bâtiment et on met une équipe dedans. Nous, nous avons pensé le bâtiment autour des équipes. Nous avons d’abord mimé en 3D les échanges entre les experts pour comprendre comment circulaient les produits et les personnes, comment travaillaient les gens entre eux et pour seulement ensuite, construire un bâtiment autour des ces flux. C’est une approche architecturale vraiment innovante et cela va nous permettre de gagner en convivialité. Demain, en 2012, nous aurons un bâtiment qui autorisera les visites et qui nous permettra d’avoir plus de relation avec la presse, ce qui n’est pas possible aujourd’hui.

Twideco : C’est finalement à la fois un outil de management et un outil de communication ?
Eric PERRIER : C’est d’abord un outil de travail dans le sens où, lorsqu’on se penche sur la circulation des personnes, des matières premières et des produits finis dans un centre de recherche classique comme le notre aujourd’hui, on se rend compte que le produit et les experts font des kilomètres pour arriver à se rencontrer. Nous avons donc imaginé une mise en interactions des experts et des produits dans un environnement proche les uns des autres et, je crois, qu’en termes de conception de bâtiment, c’est vraiment une grande première.

Twideco : Pour vous, COSM’Innov représente-t-il un événement important ? Allez-vous y participer ? De quelle manière ? Au niveau international, cela permet-il vraiment de donner de la visibilité aux différents travaux que vous menez ?
Eric PERRIER : Il existe un certain nombre de congrès internationaux un peu partout dans le monde. Néanmoins, je suis intimement convaincu que, du fait de la proximité de la Cosmetic Valley avec les centres de recherche, ce congrès va progressivement devenir un rendez-vous important en France. Je ne sais pas s’il développera forcément une aura internationale mais, en tout cas, avant de rêver cela, il faut déjà qu’il soit reconnu en France. Nous y participons bien sûr, un certain nombre de nos chercheurs seront présents lors de ces deux journées car nous pensons que, si un congrès de ce type est renouvelé de façon suffisamment régulière avec des thématiques homogènes d’une année sur l’autre, il ne peut que faire rayonner encore un peu plus le côté scientifique de la Cosmetic Valley. Et nous, en tant qu’LVMH Recherche, nous souhaitons apporter notre soutien le plus fort possible à ce rayonnement de l’esprit scientifique au sein de la Comestic Valley et appliqué à la cosmétique bien sûr.

Twideco : Que peut-on vous souhaiter maintenant ?
Eric PERRIER : Je souhaite que tout notre programme de construction Hélios fonctionne bien, que le bâtiment soit une réussite et qu’il arrive à nous apporter la satisfaction qu’on imagine. Vous savez, ce bâtiment, c’est un peu comme une maison personnelle que l’on attend. On espère beaucoup et puis on peut avoir de bonnes surprises comme de moins bonnes. Aussi, j’espère vraiment que tout se passera bien et surtout que ce sera un bâtiment dans lequel nos collaborateurs et collaboratrices aimeront vivre et j’irais même plus loin, qu’il donne envie à de nouveaux collaborateurs de nous rejoindre.

Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 22 Mars 2010 à 09:58
Patrick BEAU, Créateur de Spincontrol et membre de la Cosmetic Valley (n° 2 - 22 Mars 2010)
Twideco : Quels sont les enjeux stratégiques initiaux de la Cosmetic Valley ?

Patrick BEAU : D’abord, il faut resituer la Cosmetic Valley dans son contexte. A l’origine, c’était une association professionnelle, créée à Chartres, là où il y a quelques grands donneurs d’ordre, comme Guerlain ou Lancaster. Des prestataires de service se sont regroupés en association pour être un peu plus forts et avoir une meilleure visibilité auprès de ces donneurs d’ordre. En Indre et Loire, il n’existait pas vraiment d’axe majeur sur la cosmétique, ou sur la filière de la cosmétologie. Il n’y avait donc pas d’adhérents, et c’est Spincontrol qui, en 1999, a adhéré à l’association pour boucler l’implantation régionale. Mais cela restait avant tout une association professionnelle, avec un intérêt relativement limité. Quand en 2003, le gouvernement a lancé les pôles de compétitivité, la Cosmetic Valley s’est restructurée pour pouvoir être éligible. Il a fallu intégrer des centres de formation et des centres de recherche. Ce qui signifie essentiellement du public. Depuis, les adhérents peuvent proposer des sujets de recherche en collaboration avec deux entreprises privées et une entreprise publique de recherche. Ces sujets de recherche sont ensuite débattus au sein de la Cosmetic Valley et s’ils sont retenus, nous recherchons des financements pour mener à bien ce projet. A partir de 2004/2005, la Cosmetic Valley a pris une toute autre dimension puisque des grands donneurs d’ordre se sont intéressés à ces possibilités collaboratives et de financements. Dès lors, toutes les grandes marques de la cosmétologie y ont adhéré. Aujourd’hui, la Cosmetic Valley, compte à peu près 200 adhérents et pratiquement toutes les grandes marques de la cosmétologie. Nous devenons le centre de ressources le plus important au monde en matière de cosmétologie.

Twideco : Pourquoi avez-vous fait le choix de devenir membre de l’association Cosmetic Valley ?


Patrick BEAU : Au début, j’y ai surtout vu un intérêt commercial. Il s’agissait d’adhérer à une association dans notre filière pour une meilleure mise en réseau avec des prospects qui pouvaient devenir des clients. La première raison est donc évidement le réseau commercial qu’apporte l’adhésion à une telle association. La Cosmetic Valley, c’est également un excellent pourvoyeur d’image. Je pense notamment aux différents salons mondiaux auxquels la Cosmetic Valley participe. C’est une vitrine extraordinaire d’être associé à de très grands noms. Ainsi, le deuxième aspect est, sans aucun doute, la visibilité internationale qu’apporte la Cosmetic Valley. Enfin, pour une PME, pouvoir s’engager dans des programmes de recherche ambitieux est toujours problématique, surtout financièrement. Au travers de la Cosmetic Valley, le problème est résolu. Bref, il y tout intérêt à adhérer à cette association.

Twideco : Quelles sont vos fonctions au sein de la Cosmetic Valley ?


Patrick BEAU : Un des objectifs de la Cosmetic Valley, surtout dans le cadre des recherches, est d’instaurer un fil rouge dans chacun des grands départements. Dans le Loiret par exemple, c’est la formulation. Notre mission, au sein de la Touraine, est très compliquée parce que nous n’avons pas de grands noms de la cosmétologie sur notre territoire. Il faut savoir que le tissu économique tourangeau représente une myriade de PME évoluant sur quasiment tous les secteurs économiques. Nous avons néanmoins trouvé un thème commun que l’on a défini comme sensoriel. Il existe à Tours une société très pointue dans le domaine du design sensoriel. Nous nous sommes regroupés, il y a environ un an, pour promouvoir la Touraine comme centre d’expertise au niveau sensoriel. L’an dernier, le salon Cosmetic and sensory, c’est à dire « science du sensoriel au service de la cosmétologie », a remporté un franc succès. Actuellement, nous mettons en place un CER, un centre d’étude et de recherche, sur le sensoriel, au travers duquel nous proposerons aux industriels des protocoles de recherche, des financements, des ressources humaines et des compétences pour mener à bien leur projet de recherche dans ce domaine précis.

Twideco : Comment envisagez-vous l’avenir de la Cosmetic Valley et également, votre propre avenir au sein de la Cosmetic Valley ?


Patrick BEAU : L’objectif avoué de la Cosmetic Valley est de devenir un pôle mondial. Lorsque les pôles de compétitivité ont été créés, il y a 5-6 ans, la Cosmetic Valley n’a pas été élue comme pôle mondial. Aujourd’hui, c’est un pôle national, ce qui est déjà très bien. Mais compte tenu de notre évolution, je pense que nous avons toute légitimité à devenir un pôle mondial. Cela nous donnerait forcément une nouvelle impulsion. Mon objectif personnel en tant que Spincontrol, c’est d’être un acteur visible au sein de la Cosmetic Valley, car elle nous permet elle-même une grande visibilité à l’international.

Twideco : Quelle est l’actualité de Spincontrol ?

Patrick BEAU : La crise est derrière nous. Il faut être honnête, 2009 a été une mauvaise année. C’est la première fois que notre chiffre d’affaire baisse en 18 années d’existence. Heureusement, grâce à notre gestion saine, nous n’avons fait appel ni au chômage partiel, ni au licenciement économique. Bref, nous avons réussi à passer l’orage mais en serrant les boulons. Cela nous a permis de travailler sur la sortie de crise. Il fallait que l’on change, qu’on évolue, et nous avons mis en place un plan, actuellement en cours, sur trois ans. Notre axe principal de développement est toujours l’international. Nous réfléchissons à une implantation en Amérique du sud et en Inde. Nous travaillons également à renforcer notre présence en Asie. Le deuxième axe sur lequel nous travaillons est celui des services. Nous développons de nouveaux services, néanmoins toujours très proches des nôtres, pour nos clients et prospects. Enfin, le troisième axe est le renforcement de la R&D. Si nous sommes une entreprise innovante, c’est parce que nous sommes en permanence en recherche de nouvelles techniques, soit par transfert de technologie soit par création. Sur le groupe, nous sommes aujourd’hui trois docteurs en sciences et quatre ingénieurs. Je trouve d’ailleurs cela encore insuffisant.

Twideco : Donc dans 10 ans pouvons-nous imaginer un Spincontrol mondial ?

Patrick BEAU : Dans 10 ans, je serais à la retraite et j’irais jouer au golf tous les jours. Nous n’avons pas l’ambition d’être le leader international du test. Mon objectif est de devenir un groupe solide pour assurer la pérennité de cette société que j’ai créée. C’est le travers de beaucoup d’entrepreneurs ; ma société est, pour moi, comme mon troisième enfant. Spincontrol, c’est aussi 90 personnes dans le monde pour lesquelles je ressens une obligation morale à ce que cette société tienne la route. C’est donc mon objectif premier. Je prépare depuis quelques années ma transmission. La notion d’homme clé est extrêmement dangereuse pour les PME. Je travaille donc depuis quatre ans à la mise en place d’une structure solide de façon à ce que, si je m’en vais, de manière involontaire ou volontaire, cela ne pose aucun problème pour la pérennité de l’entreprise. Je mets également tout en place pour garder la fidélité de nos clients. Nous ne cherchons pas le profit à tout prix, mais plutôt à faire notre métier de façon correcte, avec qualité, et ce, tout en prenant un certain plaisir.



La Cosmetic Valley : Un pôle de compétitivité cosmétique à ambition mondiale

La Cosmetic Valley est le point commun entre tous les grands noms du luxe en matière de cosmétologie. C’est le premier centre de ressources mondial de la parfumerie cosmétique en matière de savoir-faire, de recherche et de formation. La Cosmetic Valley a pour mission le développement de la filière cosmétique et parfumerie en France. Elle met ainsi en place, avec le soutien des collectivités territoriales, un réseau d’entreprises, de centres de recherche et d’établissements de formation, des solutions pour partir à la conquête de nouveaux marchés internationaux et développer l’innovation. 400 PME et PMI concourent à cette mission et collaborent ainsi avec les plus grandes marques de la cosmétique : Guerlain, l’Oréal, Neutrogena ou encore Mustela.
www.cosmetic-valley.com


Entreprises travaillant avec la Cosmetic Valley :
Guerlain et Dior (LVMH), Hermès, Nina Ricci et Paco Rabanne (Groupe Puig), Lolita Lempicka (Pacific Création, Groupe Amore Pacific), Gemey-Maybelline et Yves Saint Laurent Beauté, l’Oréal, Clarins, Caudalie, Chanel, Jean-Paul Gaultier, Issey Miyake, Narciso Rodriguez, Serge Lutens (Shiseido), Head & Shoulders, Herbal Essence (Procter & Gamble), Signal, Axe, Brut, Dove, Rexona, Sunsilk, Timotei (Unilever), RoC, Neutrogena, Chopard, Le petit Marseillais (Johnson & Johnson), Calvin Klein, Davidoff, Lancaster (Groupe Coty), Veet, Biactol (Reckitt Benckiser), Mustela (Laboratoire Expanscience)…

Universités et Centre de formation partenaires :
Orléans, Rouen, Francois Rabelais de Tours, Versailles/Saint Quentin-en-Yvelines, Le Havre, Cergy Pontoise, ISIPCA, IMT, ESCEM-Tours, Ecole d’ingénieurs de Blois…

Chiffres Clés :
- 400 entreprises, représentant 45 000 emplois
- 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires
- 6 universités
- 200 laboratoires de recherche publics
- 7 500 chercheurs
- 36 projets de recherche pour 68,9 millions €
- 136 établissements de formation

Dates Clés :
1970 : La politique de décentralisation incite les grands noms à quitter la région parisienne. Beaucoup choisissent le sud de l’Ile de France : Guerlain, Coty-Lancaster et Paco Rabanne s’installent en Eure-et-Loir ; Dior à Orléans et Hermès dans l’Eure.
1994 : Création de l’association Cosmetic Valley. Les acteurs de la filière Beauté d’Eure-et-Loir sont les premiers à s’organiser en réseau en 1994. Ils sont une vingtaine à créer une association professionnelle dont Jean-Paul Guerlain prend la présidence.
2005 : La Cosmetic Valley est labellisée pôle de compétitivité. Son périmètre d’action s’élargit, passant de un à six départements présents sur trois régions : Centre, Ile-de-France et Haute Normandie.




La société SPINCONTROL, créée en 1991, a vu le jour à Tours, en Indre et Loir. Spincontrol teste les produits cosmétiques pour s’assurer de leur efficacité à l’aide de techniques scientifiques innovantes. Cette société de 90 salariés, répartis sur trois continents : européens (50 personnes), asiatique (30 personnes) et américain (10 personnes), réfléchit sans cesse au développement de son activité, en partant à la conquête de nouveaux marchés, tout en conservant son esprit d’innovation et sa soif de R&D. Spincontrol est membre de la Cosmetic Valley depuis 1999.
www.spincontrol.fr

Dates Clés :
1991 : création de la société Spincontrol
1995 : spécialisation en cosmétique
1999 : membre de la Cosmetic Valley
2003 : naissance de Spincontrol Asia Co.Ltd, filiale de Spincontrol basée en Thaïlande
2008 : naissance de Spincontrol Amérique du Nord Inc. Basée à Montréal (Canada)

Chiffres clés :
90 salariés
3 continents
4 millions d’euros de CA


Twideco : Racontez-nous la création de Spincontrol.

Patrick BEAU : J’ai fait un doctorat de science à la Faculté des sciences de Tours. J’étais spécialiste de l’imagerie par résonance magnétique nucléaire, qui est l’IRM que l’on connaît aujourd’hui dans le milieu clinique. En 1985, quand j’ai commencé ma thèse, ces appareils étaient très rares et à Tours, nous avions la chance d’en avoir un uniquement dédié à la recherche. A la sortie de ma thèse, en 1990, je n’avais malheureusement pas de possibilité d’intégrer la fonction publique pour être chercheur, alors que, normalement, c’est la vocation de tout doctorant en science. En revanche, le président de l’Université m’a donné la possibilité d’utiliser cette plateforme, quasiment unique en France, pour faire un peu ce que je voulais. J’avais déjà en tête la création d’entreprise et je me suis lancé. J’ai créé Spincontrol. Non spécialisés au départ dans la cosmétologie, nous y sommes venus après. Au cours de mes démarches commerciales, en 1992/1993, je suis entré en contact avec Yves St Laurent qui recherchait une technique d’imagerie pour appréhender l’hydratation de la peau. Nous avons travaillé sur ce sujet, trouvé une solution et publié notre résultat dans un journal scientifique. Suite à cela, le milieu de la cosmétologie s’est intéressé à nous et a commencé à nous solliciter très régulièrement. Si bien qu’en 1995/1996, nous avons décidé de nous concentrer exclusivement sur la cosmétologie en proposant des techniques les plus innovantes possible, tout en restant très scientifiques. Dans nos métiers, qui consistent à tester les produits cosmétiques, le premier atout est la qualité des rapports émis. Nous l’avons très vite compris et avons axé notre stratégie de développement sur l’innovation, parce que nos clients attendent de l’innovation, et sur une très grande rigueur scientifique, car les conséquences des résultats que nous apportons sont évidemment très importantes pour nos clients. Nous avons ajouté depuis le développement à l’international. Nous avons monté une filiale en Asie, non pas pour faire de la délocalisation, mais pour répondre à une demande extrêmement forte de nos clients pour tester l’efficacité des produits à visu asiatique. Nous travaillons sur des volontaires et il nous fallait un panel important de testeurs d’origine asiatique pour ces produits. C’est une très belle expérience que l’on a retenté, il y a deux ans à Montréal pour être plus proche des grands donneurs d’ordre nord américain. C’est encore en période d’amorçage, mais la tendance est plutôt sympathique.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 22 Mars 2010 à 09:55

Les 30 et 31 Mars 2010 se tiendra à Orléans la seconde édition de COSM’Innov, le congrès international de la recherche en cosmétologie. Dans un contexte économique où les entreprises, la recherche académique et les pouvoirs publics ont conscience de la nécessité d’innover, ce congrès réunira 30 conférenciers de réputation internationale autour des grandes thématiques de recherche en cosmétologie : la chimie, la physique, la biologie, la dermatologie, la formulation … COSM’Innov 2010 sera ce lieu où les physiciens, chimistes, biologistes, mathématiciens …, qu’ils soient issus de la recherche académique ou industrielle, viendront partager leurs savoirs et inventer la cosmétologie de demain.
Pour plus d’informations : www.cosminnov.com


Bruno ROUSSELET, directeur général de l’ADEL (Agence de Développement Economique du Loiret) : organisateur

COSM’Innov est organisé dans le cadre des évènements de la Cosmetic Valley, premier centre de ressources mondial de la Parfumerie-Cosmétique en matière de savoir-faire, de recherche et de formation, à l’initiative de l’Agence de Développement Economique du Loiret et d’Orléans Val de Loire Technopole. L’idée de départ était d’asseoir la capacité et la légitimité scientifique de notre territoire au travers d’un événement majeur qui se tiendrait ici, à Orléans et non pas à Rio ou à Paris. Le challenge était justement de proposer une manifestation hautement spécifique et pointue sur l’innovation dans le domaine de la cosmétique. Le besoin naturel d’un tel événement venait du pôle de compétitivité de la Cosmetic Valley et le résultat est là. Ce congrès se tient tous les deux ans et pour cette deuxième édition, le pari d’un événement international est vraiment tenu. Nous avons eu un très bon retour de la première édition et attendons une vraie reconnaissance pour cette seconde édition qui se présente très bien. C’est notre rôle d’aider au développement économique du Loiret et COSM’Innov est un vrai succès. Si nous avons pris, à plusieurs, l’initiative de la création, nous espérons aujourd’hui voir très bientôt ce congrès voler de ses propres ailes et passer le flambeau à qui de droit.



Frédéric ROS, directeur d’Orléans Val de Loire Technopôle : organisateur


Les pôles de compétitivité sont des outils d’excellence de l’innovation et du développement économique. Ayant sur notre territoire le pôle de compétitivité de la « Cosmetic Valley » et, en tant que structure de soutien à l’innovation, l’organisation d’un rendez-vous scientifique d’envergure internationale sur la recherche en cosmétologie relevait logiquement de nos missions. Ce congrès, certes initié par la paire OVLT-ADEL correspond néanmoins à un vrai travail d’équipe. Cette année, COSM’Innov réunira les acteurs les plus importants de l’industrie et de la recherche en cosmétologie, et les experts de l’innovation autour d’un programme scientifique unique autour du thème de la formulation cosmétique. Cette thématique s’est imposée tout naturellement en raison de l’expertise du territoire orléanais dans ce secteur. C’est aussi un sujet fortement d’actualité. Cette deuxième édition doit confirmer le succès de la première avec une présence plus forte de l’international et donc une meilleure visibilité de l’évènement. Aujourd’hui, le pôle « Cosmetic Valley » a acquis une réputation au niveau de la planète et notre territoire est quelquefois assimilé à cette thématique. L’objectif pour COSM’Innov est qu’il s’inscrive dans la durée et qu’il soit le rendez vous annuel des experts du domaine. Il reste du chemin mais tous les acteurs du territoire soutiendront ce projet jusqu’à cette maturité.


Jean-Louis GARCIA, Directeur Général délégué à l’innovation, au développement économique et à la recherche au sein du Conseil Régional du Centre

A l’origine, nous avons été sollicités par l’ADEL et Orléans Val de Loire Technopôle. Si pour la première édition de COSM’Innov, notre engagement était resté très limité, pour cette seconde édition, nous avons fait le choix de soutenir, cette fois-ci financièrement, cet événement que nous considérons comme majeur pour la région Centre. Il y a trois raisons à cela. Tout d’abord, il faut savoir que nous accompagnons l’ensemble des actions de la Cosmetic Valley. Dans ce cadre-là, soutenir COSM’Innov rejoint notre soutien déjà acquis à ce pôle de compétitivité. De plus, il est primordial pour nous de renforcer encore et toujours le potentiel économique de notre territoire. COSM’Innov y parvient en favorisant la coopération entre entreprises et laboratoires de recherche. Enfin, de tout cela découle une meilleure attractivité globale de notre territoire, autant du point de vue des salariés, que de l’implantation de futures entreprises et cela nous réjouit. Nous espérons contribuer à une deuxième édition d’une dimension plus importante encore que la première et à laquelle de très nombreux participants sont attendus. La première représentait un essai. Elle a reçu des échos favorables et a transformé cet essai en proposant cette nouvelle édition qui, je l’espère, confirmera ces échos positifs car nous attendons beaucoup d’une reconnaissance du monde de la cosmétique.


Benjamin BERTRAND, Chef de la Division Développement Industriel & métrologie de la DIRECCTE Centre (ex DRIRE Centre)


L’idée de COSM’Innov vient du Pôle de Compétitivité Cosmetic Valley. Nous en devons l’organisation à l’ADEL et Orléans Val de Loire Technopole. L’Etat, la DRIRE, dans le cadre de son action en faveur du développement de la recherche et de l’innovation via les actions collectives ainsi que dans son soutien au Pôle de Compétitivité Cosmetic Valley est un partenaire financier évident de cet événement. Nos attentes au travers de ce congrès sont de positionner Orléans comme capitale, au sein de la Cosmetic Valley, dans le domaine R&D en cosmétologie, de posséder un rendez-vous phare sur la recherche en cosmétologie de notoriété internationale sur notre territoire, et, par conséquent, d’attirer les principaux acteurs scientifiques et économiques de la filière. La DRIRE, était déjà présente en tant que partenaire financier lors de la 1ère édition en octobre 2007 pour laquelle près de 220 participants avaient répondu présents. Cette année, COSM’Innov sera l’occasion d’entendre des chercheurs de renommée internationale présenter leurs résultats les plus récents dans les domaines clés de la recherche en cosmétologie dans le but de partager leurs savoirs et d’inventer la cosmétologie de demain. Je souhaite que cela développe encore un peu plus les liens entre la recherche académique d’excellence et les industriels du domaine de la cosmétologie mais aussi d’autres domaines dont les activités peuvent inspirer, et s’inspirer, de la recherche en cosmétologie.
J'organise Cosm'innov (n°2 - 22 Mars 2010)
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 22 Mars 2010 à 09:54

Née le 27 octobre 1967
Au Havre
Mariée, deux enfants


Céline GEMMO : Carrément Bio (n°2 - 22 Mars 2010)
Carrément Bio : une aventure entrepreunariale et humaine à remarquer

Carrément Bio est une boutique de vente et de conseils en cosmétiques, maquillages et compléments nutritionnels entièrement naturels et bios. La boutique, située au numéro 7 de la rue du Vieux Marché à Orléans, a ouvert ses portes en septembre 2009. Actuellement sans salarié, la créatrice, Céline Gemmo, compte bien développer son activité en diversifiant son offre par de nouveaux services. Forte d’une longue expérience dans le domaine des médecines douces, la créatrice possède une sacrée force de caractère et tient absolument à rester indépendante. Non franchisée et ne tenant pas à l’être, elle choisit avec une grande attention ses fournisseurs et les produits qu’elle cautionne. « Je veux le meilleur de chacun d’eux » et par conséquent ne prend pas tout chez l’un ou l’autre. Cet engagement fort est peut-être la clé du succès de son activité qui augmente de mois en mois.

Quelques chiffres clés :
600 références
2000 produits en stock
30 fournisseurs différents
Fichier client de plus de 300 personnes dont 70% de clients réguliers

Date clé : Septembre 2009 : ouverture de la boutique

Contact : 0952595153
Horaires d’ouverture : le mardi de 10h à 19h, le mercredi 12h à 19h et du jeudi au samedi de 10h à 19h, fermé le lundi


Twideco : Pouvez-vous revenir en quelques mots sur votre parcours professionnel ?
Céline GEMMO : J’ai préparé et obtenu un DEUG d’anglais donc, de formation en tout cas, je n’ai rien à voir avec mon domaine actuel. Assez tôt, j’ai eu ma première fille et il m’a fallu rapidement trouver un travail. J’ai occupé différents postes d’assistante de direction bilingue tout en commençant, déjà, à connaître des problèmes de santé. J’ai eu ma deuxième fille, puis je suis tombée malade. J’avais un quotidien horriblement douloureux et l’allopathie, la médecine traditionnelle, était impuissante à soulager ma douleur. C’est alors que je me suis intéressée aux médecines douces. J’ai suivi différentes formations à l’université en aromathérapie, phytothérapie, naturopathie etc., mais elles ne sont malheureusement pas reconnues en France. Elles me servent néanmoins beaucoup dans mon quotidien personnel, d’une part, et maintenant professionnel.

Twideco : Comment en êtes-vous arrivée à cette création d’entreprise ? Représentait-elle une envie depuis toujours ?
Céline GEMMO : Pas vraiment. Vous l’avez compris, mon parcours professionnel est plutôt chaotique. Finalement, mes problèmes de santé en ont toujours fait partie. Il se trouve que lorsque l’on manque régulièrement le travail, il est très difficile de rester dans le circuit. Et puis, comme je suis d’une nature curieuse avec un esprit scientifique et cartésien, je voulais comprendre pourquoi ces méthodes douces marchaient sur moi lorsque la médecine traditionnelle ne pouvait rien pour me soulager. J’ai donc plongé mon nez là-dedans, cela m’a passionné et j’y suis restée… (Rires). Cela a donc commencé de cette façon. Par ailleurs, comme j’étais une fana de cosmétiques, j’en ai profité pour me former en chimie. J’ai alors découvert qu’il y avait beaucoup de choses qui ne me plaisaient pas dans les cosmétiques que j’utilisais. J’en suis donc arrivée à m’intéresser à la cosmétique bio et à faire le tri entre ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, même bio.

Twideco : Finalement, on peut dire que vous avez été amenée à la création d’entreprise « grâce à » votre maladie ?
Céline GEMMO : Exactement. A priori, si je n’avais pas eu mes soucis de santé, je ne me serais pas forcément penchée sur ce domaine-là, je ne me serais pas spécialisée, je n’aurais pas pu aider les autres et donc en venir à créer ma propre structure. C’est, en effet, grâce à ma maladie, qu’aujourd’hui, je suis entrepreneur. De plus, les succès médicaux que j’ai personnellement connus grâce à ces médecines douces m’ont donné énormément de poids et de crédibilité vis-à-vis de mon entourage car ils ont pu mesurer les résultats par eux-même.

Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
Céline GEMMO : J’aime le contact humain et surtout, j’adore conseiller autrui. Il faut savoir que, si j’ai ouvert un fond de commerce, c’est, certes, d’abord pour gagner ma vie, mais, au bout du compte, ce qui me plaît le plus, c’est d’informer et de conseiller les gens. Il me semble juste que plus j’informe, plus ils sauront faire leurs choix et choisir en toute connaissance de cause leurs produits. Par conséquent, plus ils orienteront leurs choix vers le type de produits que je cautionne moins les fabricants mettrons de cochonneries dans ce qu’ils fabriquent. C’est mon credo de base. Avant d’ouvrir la boutique, je faisais déjà du conseil. Mon entourage voyait que cela marchait pour moi, alors on me demandait conseil. De fil en aiguille, je conseillais des personnes assez éloignées de moi, géographiquement parlant, et que je ne connaissais pas forcément. Je commandais des produits pour eux et tout cela de façon purement informelle, bénévole et officieuse. Puis, l’idée m’est venue d’en faire un métier.

Twideco : Vous décidez donc de créer votre activité. Comment cela s’est-il passé ? Votre handicap, ne se voyant pas, a-t-il joué un rôle dans cette création ?
Céline GEMMO : Mon handicap, même invisible, a pleinement joué un rôle dans cette création d’entreprise puisque c’est la première fois que j’ai dû avouer que je suis travailleur handicapé. Je suis en invalidité, en catégorie qui me permettrait de ne pas travailler, depuis très longtemps. Mais il faut savoir que personnellement, ce n’est pas un statut facile à accepter. Moi, je ne voulais pas l’accepter. Aussi, même avec ce statut, je travaillais en tant qu’assistante de direction. Et, après chaque rechute qui m’avait obligé à quitter mon ancien poste, je reprenais un nouveau travail en cachant mon handicap. Mais cela ne dure qu’un temps. Mon mari travaillant pour l’insertion des personnes handicapées, m’a expliqué qu’en tant que travailleur handicapé, j’avais des droits et même, qu’il existait des aides pour la création d’entreprise. C’est à ce moment-là que j’ai compris que je ne pouvais plus le nier. Je me suis sentie prête à le dire et, par conséquent, à créer mon entreprise. J’ai été soutenue dans mon projet par l’AGEFIPH, dans le cadre de mon statut de travailleur handicapé. Et pour la première fois de ma vie, je l’ai dit.

Twideco : C’est une démarche qui n’est pas évidente, j’imagine. Comment avez-vous vécu cette étape ?
Céline GEMMO : J’ai mis plus de 10 ans à accepter l’idée que je suis travailleur handicapé et invalide. Cela m’a été annoncé à l’âge de 30 ans et j’en ai 42 aujourd’hui (rires). Cette notion est déjà difficile à accepter mais, même si mon handicap est sans commune mesure incomparable à celui d’un handicapé moteur ou un déficient visuel, j’avoue que le fait qu’il soit invisible ajoute à la complexité de la chose. Je me permets de dire cela car je connais personnellement beaucoup de personnes handicapées et nous échangeons beaucoup sur nos expériences de vie. Evidemment qu’il est plus simple de marcher que d’être en fauteuil, la question ne se pose même pas, mais il est vrai que, dans le cas de mon handicap qui est invisible, il existe une étape supplémentaire avec laquelle j’ai dû apprendre à vivre ; le moment où je dois l’annoncer. C’est alors que le regard des gens change, il devient quelques fois comme un reproche que cela ne se voie pas. De plus, le dire, entraîne des questions auxquelles je n’ai pas toujours envie de répondre car cela relève de l’intime, et cela n’est pas toujours forcément bien compris. A partir du moment où cela ne se voit pas, les gens se permettent des questions qu’ils n’oseraient jamais demander à mon ami en fauteuil ou celui qui est déficient visuel. Que j’en dise trop ou pas assez, c’est une réflexion type souvent pensée même si régulièrement tue.

Twideco : Vous ne voulez pas répondre aux questions une fois l’annonce du handicap passée mais vous sentez-vous néanmoins différente en tant qu’entrepreneur du fait de ce handicap ?
Céline GEMMO : Bien sûre que je me sens différente. Vous savez, quand on traîne un handicap comme celui-ci depuis de longues années, on se sent forcément globalement différent de tout le monde et donc en tant qu’entrepreneur également. Et puis, on a de toute façon un statut différent. Mais, pour le coup, dans mon cas, je suis quasiment la seule, dans mon monde professionnel à le savoir, puisque cela ne se voit pas. Je me sens, d’ailleurs, d’autant plus seule dans mon questionnement au quotidien. Par contre, au niveau de la création, j’ai beaucoup été aidée. Je reste néanmoins convaincue que j’ai connu des facilités du fait que mon mari travaille dans le milieu de l’emploi des personnes handicapées. Il m’a ouvert des portes qui s’ouvrent, certes, à toutes les personnes dans mon cas mais qu’il faut connaître et savoir trouver. Moi, j’avais la chance de savoir que ça existait et où il fallait aller.

Twideco : Pensez-vous qu’à l’heure actuelle, en France, les personnes atteintes d’un handicap continuent de penser que la création d’entreprise n’est pas faite pour elles ? Diriez-vous que la question ne se pose même pas et que, finalement, le choix se résume à rester salarié ou comme vous le disiez à bénéficier de son statut d’handicapé ?
Céline GEMMO : Peut-être, oui. En tout cas, nous ne sommes pas assez informés. Il faut aller soi-même à la pêche aux informations et quand le processus est lancé, c’est difficile. La maladie se déclare, on est mis en invalidité sans trop savoir ce que cela signifie, ni à quoi on a droit, ni ce que l’on devient pour la société. Bref, où est notre place ? Telle est notre questionnement. C’est vrai que sans mon mari, je n’aurais peut-être jamais seulement pensé à la création d’entreprise. La communication autour de ces soutiens est encore très pauvre en France. C’est tout le travail de mon mari. Beaucoup de personnes handicapées en France n’ont même pas conscience qu’ils ont des droits et qu’ils sont au moins aussi capables que les valides. Néanmoins, ce n’est pas simple. Il faut savoir que, quand on est travailleur handicapé, les assurances ne jouent pas le jeu. Soit elles sont hors de prix, soit elles ne nous assurent pas du tout. Mon mari a dû se porter caution et de telles attitudes nous marginalisent encore un peu plus dans la création d’entreprise.

Twideco : Il y a eu votre projet de création, vous avez avoué votre handicap, et maintenant, c’est fait, vous êtes entrepreneur et possédez votre propre fond de commerce. Au jour le jour, comment cela se passe-t-il ?
Céline GEMMO : Je suis autonome. L’AGEFIPH est néanmoins toujours là au cas où. Je peux les contacter et ils me suivront si j’en ai le besoin ou en fait la demande. Concernant mes clients, ils ne savent pas. Ce n’est pas affiché sur ma boutique donc le regard n’est pas différent. Ils n’en n’ont pas conscience. Parfois, lorsqu’ils se confient sur des maladies ou des pathologies qu’ils rencontrent, je leur livre que, moi aussi, j’ai eu des soucis de santé et que tel ou tel produit a pu m’aider mais cela ne va pas plus loin.

Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entreprenariat des minorités et la perception globale de la population envers les personnes handicapées ?
Céline GEMMO : De part la profession de mon mari, je sais qu’il existe des volontés fortes de la part des entreprises et de l’État pour l’entrepreneuriat des minorités et particulièrement des personnes handicapées. Cela dit, entre les volontés et le réel, il existe encore un grand fossé : le regard des gens. Dans la société actuelle, et notamment dans les boutiques, commerces ou restaurants, les personnes possédant un handicap visible restent encore en marge. Dévisagées, elles sont encore cachées alors que, pour certains handicaps, elles seraient tout à même d’effectuer des travaux encore réservés aux valides. Selon moi, c’est donc du côté du regard de la population qu’il faut encore creuser.


Twideco : Et vous, personnellement, comment voyez-vous l’avenir ? Cette création d’entreprise représente-t-elle une victoire personnelle contre votre handicap déjà acquise ou encore en cours ?

Céline GEMMO : Cette création d’entreprise est arrivée dans ma vie comme un vrai défi. Vous savez, cela me fait certes vivre, mais je n’avais pas besoin de cela pour gagner ma vie. C’est un peu comme une bataille, mais une bataille que je ne serais jamais sûre de gagner. Cela n’a aucun rapport avec l’activité de mon entreprise, ni de mon CA ou de mon bilan, ni même de l’aide que j’ai pu recevoir. Cela relève de moi. Il faut savoir que, dans la vie, quelques fois, l’envie ne suffit pas car on ne peut malheureusement pas tout maîtriser. Quoi il en soit, c’est déjà une réussite. J’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup gagné et me suis prouvé énormément de choses. Mais le plus beau des retours m’est donné par mes clients, sans même qu’ils le sachent, quand ils me remercient des conseils trouvés chez moi. Donc cette victoire, déjà acquise mais également toujours en cours, sera perpétuelle. Qui dit rechute, dit forcément que, par le passé, il y a eu un haut, un bas, mais surtout, et c’est d’ailleurs le plus important, à nouveau un haut.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 22 Mars 2010 à 09:52

Cette rubrique vous est dédiée, à vous, chefs d’entreprises. Chaque semaine, retrouvez dans cet espace un fait marquant, une notion que vous affectionnez tout particulièrement, un événement passé, qu’il relève du domaine économique, politique, philosophique ou encore tout autre domaine de votre choix. C’est votre espace, sollicitez-le !


Coup de gueule/Coup de cœur - L’espace de parole libre entièrement dédié aux dirigeants (n°2 - 22 Mars 2010)
Ludovic LANDEMARRE, Directeur GLYcoDiag France
Direct : + 33 (0) 2 38 41 72 85
Web : www.glycodiag.com

Date de naissance : 17/11/67
Situation familiale : Marié, deux enfants
Parcours :
1996 : Doctorat : Glycobiologie, Centre de Biophysique Moléculaire CNRS/Université d'Orléans
1996 - 2004 : Agro-Bio S.A.S., filiale du groupe Diagnostica Stago, 45 employés
Fonctions successives : Chargé de R&D, Responsable de laboratoire, Directeur technique et scientifique.
2005 : GLYcoDiag : Fondateur, gérant majoritaire et directeur de l’entreprise

GLYcoDiag est une entreprise de recherche spécialisée dans l'analyse de molécules, la recherche de biomarqueurs et la découverte de nouveaux actifs sucrés à destination des domaines cosmétique, pharmaceutique et de l'environnement. GLYcoDiag développe une technologie d’analyse simple, rapide, directement transposable et réalisable chez ses clients, qui permet d’analyser la structure des sucres complexes tout au long des étapes de développement d’une nouvelle molécule thérapeutique (pharmacie), d’identifier un nouvel actif sucré (cosmétique) ou de détecter un nouveau biomarqueur (diagnostic environnemental). Seule entreprise spécialisée dans le domaine de la Glyco-analyse au niveau national, GLYcoDiag entend devenir un acteur reconnu dans sa spécialité. Elle a démarré ses activités commerciales en 2006 et a clôturé, à la fin de l’année 2009, son quatrième exercice bénéficiaire.


La grippe A… Au printemps dernier, un nouveau variant H1N1, responsable de nombreux décès consécutifs à une grippe fulgurante avec complications respiratoires, est identifié au Mexique. Dès lors, les mécanismes de surveillance et d’alerte mis en place au niveau international s’emballent, à l’image de l’OMS qui ne cesse de relever ses niveaux d’alerte. Les organismes nationaux chargés de la prévention emboîtent le pas sous couvert du principe de précaution. Des plans de préventions, puis de vaccination, sont élaborés afin de limiter l’impact de la future pandémie annoncée. Pendant ce temps, les entreprises sont harcelées de courriels, allant de l’incitation à la mise en place d’un plan de prévention à la vente de masques et de solutions désinfectantes.
Après la « crise » et les conséquences de l’économie spéculative sur l’économie réelle, venait ensuite la pandémie grippale et la crainte d’une chute dramatique de l’activité économique. Tous les ingrédients du catastrophisme et du pessimisme généralisé étaient réunis pour terminer l’année dans les mêmes conditions qu’elle l’avait débutée. Pourtant, l’innovation et ses applications, souvent cités ces derniers temps, n’ont pas été évoquées au cours de ce remue ménage. Or, le plan de vaccination qui, au passage, se devait d’être à la hauteur du système de protection de santé de notre pays, résulte du développement d’un vaccin validé, approuvé puis produit dans un laps de temps record. Cette prouesse complètement occultée est-elle désormais si triviale que nul n’en remarque le défi qui a été réalisé ?
Seules les connaissances colossales accumulées depuis des décennies, résultats de politiques de recherche et d’innovation technologiques de longue haleine, sont à l’origine d’un tel challenge. Aussi, ne l’oublions pas, d’autres défis seront à relever dans l’avenir, qu’ils touchent à la santé, l’environnement ou l’alimentation, et ce n’est pas par la crainte ou encore l’alarmisme que nous pourrons les relever. Notons également que ces deux sentiments ont aussi été largement utilisés au début de la crise financière. Or, ces comportements pessimistes sont contraires à toute démarche pro-active qui consiste à trouver des solutions.
Pourquoi ce fait-là m’a-t-il autant marqué ? Il se trouve que les vaccins, en général, et la grippe, en particulier, sont des domaines proches de certaines études que nous menons chez GLYcoDiag. A ce propos, savez-vous que le H (du H1N1) correspond à la molécule qui reconnaît une structure de sucre permettant au virus de s’accrocher sur nos cellules et que le N correspond à la molécule qui coupe le sucre pour entrer et infecter nos cellules ?...
Mais parlons économie. Depuis l’explosion de la bulle financière, les prédictions vont bon train quant à la date de la reprise économique - la fameuse reprise pour 2010. Je reste prudent… Même si l’économie est gérée par l’homme, elle lui échappe quelque peu et je doute qu’elle se fie à un quelconque calendrier. Le fait est, aujourd’hui, que les indicateurs de reprise en sont encore à quelques sursauts de décimales loin derrière la virgule.
Résultat, pendant le premier semestre 2009, chez GLYcoDiag, nous avons profité des périodes de baisse d’activité pour investir sur nos propres axes de recherche et de développement. Une partie de ces travaux est désormais valorisable au travers de prestations de services dont la gamme s’en est trouvée enrichie. Cette expérience renforce ma conviction dans la recherche constante de pistes à explorer, que ce soit sur le domaine technologique, marketing ou commercial.
Si vous voulez connaître mon événement majeur pour l’année à venir, il faudra être encore un petit peu patient. Car c’est justement la partie non encore valorisée des projets exploratoires que nous avons lancés l’an dernier. J’espère que le premier produit issu du fruit de nos recherches sortira en 2010.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 22 Mars 2010 à 09:50

On dit souvent d’un entrepreneur, d’un dirigeant, qu’il est un visionnaire. En tout cas, quand il l’est vraiment, on salue sa vision, quand il n’en n’a pas il aura tout intérêt à travailler avec ses associés, ses conseils, son coach, sur la définition de sa vision à court, moyen ou long terme.


L’innovation comme outil de management (n°2 - 22 Mars 2010)
Cette notion temporelle, implique tout de suite une remarque, la question du terme a beaucoup évolué au cours des dix dernières années, désormais, quand on parle de court terme on pense en semaines, de moyen terme en mois et de long terme en une poignée d’années, moins de 5, c’est certain. Saluons donc la vision des entrepreneurs, qui, parfois créent eux-mêmes leurs procédés ou services innovants, ou s’appuient sur des professionnels, chercheurs, ingénieurs pour mettre au point dans le réel, une idée floue, parfois précise mais toujours à l’état d’esquisse. Une fois le prototype créé, - ce terme peut également s’appliquer aux services immatériels puisque le prototype dans les services serait presque un process, un procédé voire une méthode. Une fois donc, le prototype mis en place, reste à trouver l’équipe qui le fera vivre au jour le jour. Si le dirigeant est un visionnaire, un créateur, un développeur, il y a fort à parier qu’il aura besoin de nouveautés constantes, de mettre en actes des idées, et donc de trouver l’équipe la plus adéquate pour faire vivre le prototype dès lors la phase d’industrialisation passée. Le dirigeant visionnaire ira certainement jusqu’à ce stade, qui représente un véritable challenge, plus loin, nous pouvons en douter, car dès lors que l’adrénaline du défi est passée, il ne trouve plus d’essence à mettre dans son moteur. Ou plutôt si, une nouvelle idée à mettre en place. Mais revenons au titre de cet édito, ou papier d’opinion, l’innovation est-elle un outil de management ? Difficile à dire. Dans l’absolu, il semblerait que oui, que le lancement de nouveaux projets soit l’occasion de créer une forte cohésion de l’équipe, et donc de susciter les envies, les motivations, les énergies des collaborateurs. N’est-ce pas cela manager ? Susciter l’envie et le dépassement de soi pour ses équipes. C’est ce que je croyais, mais si ma réponse première à cette question reste dubitative c’est que depuis quelques semaines, j’écoute et échange avec des dirigeants (entrepreneurs ou directeurs de services) qui me racontent leurs aventures managériales. Il semblerait qu’il existe plusieurs profils de collaborateurs : ceux qui disent que l’innovation est un moteur mais qui dans les faits prouvent que ça les gonflent, ceux pour qui l’innovation génère une énergie insoupçonnée, ceux pour qui l’innovation est tout simplement un problème pour leur organisation, leurs habitudes, leur train-train et ceux pour qui l’innovation n’est même pas perçue, leur travail ne doit pas en être perturbé, d’ailleurs c’est tout juste s’ils voient que quelque chose a changé.

Ainsi, dire si innover c’est créer est une vaste question. Innover c’est créer de la valeur ajoutée, dès lors que ses collaborateurs appartiennent à la deuxième catégorie, sinon, innover, même s’il s’agit d’une source de solvabilité pour l’entreprise, d’une perche de croissance significative, rendant, par exemple, leurs emplois pérennes, voire créer d’autres emplois à terme, peut rapidement devenir source de décadence pour l’entreprise. Comment concilier innovation, on le dit depuis le début de la crise économique, « innovez, formez, voilà les deux clefs pour sortir grandis de la crise ! », dont l’objectif n’est pas que de faire plaisir aux aspirations nouvelles d’un dirigeant visionnaire, mais aussi et surtout la solution pour faire grandir son projet initial – parfois pour éviter qu’il ne prenne définitivement l’eau – et volontés personnelles des collaborateurs. On parle bien d’humain, ces pages mettent en valeur l’individualité des dirigeants de la région Centre, les luttes qu’ils ont menées pour parvenir à rendre concrètes leurs idées, leurs valeurs, leurs moteurs... On parle toujours d’humain. « Mettre l’économie au service de l’homme » Avec plaisir, messieurs dames, mais comment concilier travail et volontés individuelles. Dans une conférence sur le sens du travail, du bonheur et de la motivation, donnée le 11 février 2009 pour le club APM de Saint Benoît sur Loire, André Comte-Sponville expliquait, que les salariés ne cherchent pas le travail mais le bonheur, quand l’entreprise cherche les profits. André Comte Sponville citait Aristote « le travail tend au repos et non le repos au travail », cette citation va à l’encontre de l’idéologie spontanée de ceux qui croient que l’on se repose pour mieux travailler (les dirigeants visionnaires ?). Les salariés, les collaborateurs donc sans qui, il est difficile de garder de manière durable une idée en vie, le savent bien, on travaille pour pouvoir se reposer. Avec les lois Aubry, le travail a perdu sa valeur morale, encore faut-il qu’il en ait eu une un jour, puisque toute valeur morale n’a pas de prix, donc le travail n’est pas une valeur morale. Alors si le travail n’est pas une valeur morale, il n’est pas une fin en soi, donc il doit avoir du sens. L’innovation donnerait-elle du sens au travail des collaborateurs ? Quelques citations « Tout homme veut être heureux » Pascal, « la chasse au bonheur est ouverte tous les matins » Stendhal. Selon Compte-Sponville, pour motiver ses collaborateurs, il faut agir non pas sur l’intelligence mais sur leurs désirs. Selon lui, le chef d’entreprise et le manager sont des professionnels du désir de l’autre. Il faudrait donc pour que l’innovation deviennent un moteur managérial, être certain que 1/ la démarcher innovante corresponde aux attentes des collaborateurs ou 2/ qu’elle s’inscrive dans une démarche qui leur plaise directement à eux... la question de l’innovation comme outil de management devient cornélienne, mais si l’humain ne l’était pas, on n’écrirait pas des tragédies depuis l’antiquité...
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 22 Mars 2010 à 09:00

Depuis le lancement du N°0, il y a tout juste un mois, le 8 février 2010, Twideco a connu de nombreux événements marquants dans son évolution. Pour ceux qui connaissent l’équipe depuis plusieurs mois, voire depuis le début en mars 2008, nous avons franchi des marches, voire des paliers, déterminants en quelques semaines. En voici le résumé.


Début février, dans un dossier spécial « Monter sa boîte sans se ruiner » du mensuel Capital, Twideco était cité. Quelques semaines plus tard, le 18 février, l’hebdo économique Challenges publiait un dossier spécial les « 200 qui font la France, région par région », à l’occasion de la sortie de son 200ème numéro. Dans les dix qui font la région Centre, en haut à gauche de la page 58 : Lucie Brasseur, fondatrice de Twideco TV. Nicolas Doze de BFM Radio, qui avait co-animé avec Lucie les Trophées de l’Entreprise le 10 décembre 2009, se faisait l’écho, dans la matinée, dans sa rubrique « Que dit l’économie cette semaine» en fin d’émission des Experts du 9/10, de ce papier. Nicolas Doze : « il y a des très gros des Vincent Bolloré et des Lucie Brasseur ». La semaine dernière, mercredi 3 mars, La Nouvelle République consacrait un article au lancement de la campagne numérique d’Hervé Novelli. Sans prendre parti, il est évident que Twideco a, depuis quelques mois, été régulièrement en contact avec le secrétaire d’Etat aux PME, et ce, depuis notamment, leur rencontre à l’Université d’Eté du Medef. Twideco défend les entreprises du territoire composé à forte majorité de TPE et de PME, comment, pour l’équipe d’un jeune média, de surcroît économique de faire l’interview du ministre des PME dans un cadre aussi convivial que l’Université d’Eté du Medef ? Certains ont décrié – avec une verve argumentaire assez pauvre - ce papier, qui venait raconter la stratégie numérique de la campagne d’Hérvé Novelli. Tout le monde en a entendu parlé, outre son site web, élaboré avec le même CMS (solution de création de site internet) que Twideco, Culture Pub, ou bien encore Marianne 2... qui laisse la part belle à la vidéo, Hervé Novelli a pendant les trois jours précédant l’ouverture officielle de la campagne obtenu le canal 222 de la FreeBox. Le temps d’une chaine de télé éphémère. De la même manière, qu’il a fait appel à une équipe de journalistes pour le suivre lors de ces trajets en campagne, réalisant une sorte de roadmap de sa campagne, Hervé Novelli a sollicité l’une des rares journalistes télé spécialisée en économie au niveau de la région, pour l’interroger sur ses passions, son héritage familial et culturel. Tout cela, Christophe Colinet, dans la Nouvelle République du Centre Ouest, la NR, l’explique à merveilles. Demain, mardi 9 mars, Twideco lancera officiellement la sortie du journal à la CCI du Loiret et, en même temps, la République du Centre, dans un article sur l’entrepreneuriat au féminin, retracera le parcours de Lucie Brasseur, fondatrice de Twideco TV. La presse économique nationale parle de TWIDECO, la presse locale aussi. Le pari de créer un média économique en région semble bien avancé, nos pairs parlent de nous, relatent nos aventures, le parcours entrepreneurial de la fondatrice et saluent le travail des équipes.

Une autre étape importante dans la vie du média. En France, seules 9 écoles de journalisme sont reconnues par la profession. Mi-février, le 17 Février exactement, Hervé Demailly, Responsable du Département de journalisme pour le Celsa (l’équivalent d’HEC pour les journalistes), a demandé à Lucie Brasseur de témoigner auprès de ses étudiants en formation continue sur les nouveaux usages du web dans les médias. Le 3 Mars, Lucie Brasseur, s’est donc rendue à Neuilly S/ Seine pour rencontrer les étudiants et leur raconter à la fois son parcours d’entrepreneur des médias, sa vision de la place du web dans le paysage médiatique, tentant d’expliquer les règles fondamentales pour créer un média audio-visuel sur internet : choisir une cible précise (le monde économique régional), respecter l’interactivité (via le système de chatroom pendant les émissions en direct) et le « où je veux, quand je veux, ce que je veux » attribué aux usages dits « 2.0 » du web et travailler le réseau, la proximité, l’animation de la communauté. Par ailleurs, Lucie est revenue sur sa vision du journalisme en général, sur les business model des médias d’aujourd’hui et de demain, sur les difficultés et les joies qu’offre une pareille aventure. Les étudiants, tous plus âgés que Lucie, ont semblé conquis par ce témoignage « tu donnes de l’énergie » lui ont-ils confié après le cours. L’avenir nous dira si Lucie continuera à donner des cours dans cette Institution magnifique qu’est le CELSA, il se pourrait bien que la rentrée apporte son lot de surprises. C’est un pas magistral que ce cours/témoignage, certains ont douté de Twideco en tant que média, quand la profession et ses écoles, si difficiles d’accès, nous demandent d’intervenir pour en parler, nous pouvons y croire. Le pari de créer un média économique régional, semble en passe d’être gagné...

Il y a évidemment encore beaucoup de travail, le lancement du journal est une aventure extraordinaire mais qui demande beaucoup d’énergie. Grâce à vous, dirigeants, entrepreneurs, nous la trouvons. Ce mois-ci, nous avons réalisé plusieurs interviews qui nous ont conforté dans cette idée : interviews que vous retrouverez sur notre webtv www.twideco.tv ou dans ces colonnes, très prochainement : Claude Bébéar d’Axa, Jean-Pierre Papin de la Berrichonne à Châteauroux, Maurice Leroy du Conseil Général de Loir-et-Cher à Blois, Eric Perrier de LVMH à Orléans... Recherche, engagement, innovation, dépassement de soi, challenges, victoires, enjeux d’avenir, mutualisation de moyens, analyse et rationalisation : passion.
Ces dernières semaines ont affirmé notre rôle : catalyseur de passions, synapse de vies. L’économie c’est la vie, en tout cas, c’est la nôtre.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Mars 2010 à 09:42

Tout juste coincé derrière la cathédrale, l’hédoniste est un établissement double : d’un côté, vous trouverez un caviste, de l’autre, un restaurant.


L’établissement tout entier a une démarche de « manger-bio ». Le caviste est spécialisé en vin naturels (sans soufre et élaborés dans le respect de la nature) de toutes régions. Une ambiance pierres apparentes, où les bouteilles sont présentées sur des tonneaux ou dans des paniers. On a déjà envie d’y plonger la main. Il est également possible d’y déguster les vins sur place, au verre, et grignoter une planche de charcuterie sur un tonneau. La convivialité y est prédominante.
Le restaurant, bistrot-chic, où l’on vous sert uniquement des plats aux goûts uniques, mitonnés avec des produits de saison, a une atmosphère assez proche, qui met très bien en valeur les multiples saveurs. Du plat le plus simple revisité avec des légumes anciens à la modernité de l’île flottante aux langoustines, vous ne vous lasserez pas de déguster avec Freddy (en cuisine) et Jacky (en salle) les goûts hédonistes !

L’Hédoniste – 6 rue Lavoisier 37000 TOURS – 02 47 05 20 40 - www.lhedoniste-caviste.com
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Mars 2010 à 09:41

Cette rubrique vous est dédiée, à vous, chefs d’entreprises. Chaque semaine, retrouvez dans cet espace un fait marquant, une notion que vous affectionnez tout particulièrement, un événement passé, qu’il relève du domaine économique, politique, philosophique ou encore tout autre domaine de votre choix. C’est votre espace, sollicitez-le !


Coup de gueule/Coup de cœur - L’espace de parole libre entièrement dédié aux dirigeants (n°1 - 8 Mars 2010)
REVEILLEZ-VOUS : GOOGLE EST MON AMI

Comment ne pas considérer comme ami quelqu'un qui vous donne presque tout pour rien.
Oui, nous écrivons bien "pour rien" et non "contre rien", et le mot "presque" à son importance.

Fondée le 27 septembre 1998 dans la Silicon Valley, en Californie, par Larry Page et Sergey Brin, auteurs du fameux moteur de recherche, Google s'est donnée comme mission « d'organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile ».

Depuis plus de dix ans, Google a su suivre une roadmap parfaitement définie et contrôlée,
En sachant s'associer et s'entourer des meilleurs experts de la planète.

Et les résultats sont là ... Pour s'en convaincre, il suffit de suivre l'évolution du titre Google à la bourse, 19,6 millions d'actions vendues à 85€ en août 2004 qui ont pris en 5 années plus de 600%. Des chiffres à vous donner le vertige et bien au-delà de ce que l'on voit habituellement...

Tel un ami, Google veux être toujours à vos côtés,
Pour vous épauler, et mieux encore, vous guider ...
Ainsi cet ami devient l'entremetteur par excellence

Mais pour bien vous guider, il doit bien vous connaître,
D’où la nécessité de suivre (pister) vos faits et gestes

Je me souviens par exemple être allé sur un site de matériel électronique, CONRAD pour ne pas le citer,
Et y avoir fait des recherches sur des composants bien précis.
Depuis, lorsque je visite d'autres sites n'ayant rien à voir avec les composants en question,
Ce sont exactement les produits que je recherchais sur CONRAD qui s'affichent dans les bannières publicitaires ...
... hasard ou coïncidence ?! Espérons que chacun d'entre nous connaisse la réponse.

...

Afin de mener à bien des études comportementales,
Google a besoin d'analyser les faits et gestes de chacun d'entre nous.
Quoi de mieux que proposer des outils de statistiques très efficaces,
Où chaque utilisateur en aura pour son argent - puisque c'est gratuit -
Et où au passage, il sera possible pour vous, et donc pour Google, de scruter tout faits et gestes de vos prospects sur votre site.

Alors posons-nous la question,
Quand une entreprise mondiale nous propose des outils gratuits,
A qui profitent réellement ces services ?
J'entends déjà certains dire que le deal est gagnant-gagnant.
Oui, c'est vrai, sauf si votre concurrent achète vos données statistiques pour mieux vous contrer,
Et qu'ainsi il accède aux données jusque-là inaccessibles, tel un livre ouvert,
Car dans le monde de la très haute voltige, tout est désormais possible ...

Voilà, votre ami est déjà entré chez vous,
Mieux encore, il a invité des inconnus !!!
... Espérons que tout ce petit monde ne vous suive pas jusqu'au lit ...

...

Gageons que Google a plus d'un tour dans son sac,
Et que les prochaines annonces seront une fois de plus à la hauteur de la créativité exceptionnelle de ses équipes.

Attendons-nous par exemple à une réelle percée de son nouveau téléphone, le NEXUS ONE,
A une évolution non négligeable de la part de marché de son nouveau système d'exploitation CHROME OS,
A la sortie de tablettes rapides et peu chères, qui lanceront enfin le marché de l'e-book,
Et pourquoi pas au lancement de nouveaux NETBOOK estampillé Google à prix défiant toute concurrence - voire gratuit.

Ainsi Google développe non seulement de nouvelles surfaces d'affichages publicitaires,
Mais en plus s'offre un backtracking temps réel à l'échelle mondiale :
Ce retour d'informations permettant de connaître la demande au temps présent,
Rien de plus facile pour Google d'afficher aussitôt sur vos médias une offre correspondante.

Vous l'avez bien compris, on ne peut reprocher à une société experte du webmarketing ...
... d'être experte en webmarketing.

Qu'on se le dise, GOOGLE est une comète à très forte célérité que l'on risque de croiser ad vitam aeternam

Ah j'oubliais, réveillez-vous : rien n'est gratuit sur cette terre !

Jean Pierre PRUNIER, Dirigeant de PROCESSX SOLUTIONS
www.processx.net
02 38 76 01 10 - 06 62 05 40 40 - fax 02 38 76 20 59
ZA LA SOURCE – 10 av Claude Guillemin
45071 ORLEANS cedex 2 – France
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Mars 2010 à 09:38

Originaire du Togo, Guy AMEGEE est l’heureux propriétaire de plusieurs magasins Optic 2000 qui permettent à ce créateur d’afficher très largement sa démarche commerciale. Optic 2000, c’est aujourd’hui une enseigne très porteuse puisqu’elle est numéro 1 sur le marché de l’optique.


Guy AMEGEE : Pdg Optic 2000 Orléans Sud, Optic 2000 Amégée, Egée Optique (n°1 - 8 Mars 2010)
Twideco : Pouvez-vous revenir sur votre parcours en quelques phrases ?
Guy AMEGEE : Après mon bac scientifique, je me suis tourné vers le monde de l’optique. Je suis passé par la faculté de biologie pendant un an avant de préciser mes souhaits d’avenir et de préparer mon BTS d’optique. Ces deux ans m’ont permis ensuite de travailler chez des opticiens parisiens et creusois. En 1995, j’ai créé mon premier magasin d’optique. Etant jeune et n’ayant pas beaucoup de finances, j’ai choisi de m’appuyer sur une enseigne forte et c’est ainsi que j’ai intégré le réseau Optic 2000. Nous sommes tous des opticiens associés qui fonctionnons quasiment indépendamment les uns des autres mais sous la même enseigne.

Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?
Guy AMEGEE : Etudiant, pour arriver à quelque chose, j’ai cherché un métier qui ne connaisse pas le chômage, qui soit intéressant mais également lucratif. Je voulais que ce soit un métier d’échanges car j’avais déjà la fibre commerçante et commerciale en moi.

Twideco : Quelles sont vos origines sociales ?
Guy AMEGEE : Mon père est vétérinaire sur Châteaudun depuis que nous sommes arrivés en France. Je suis d’origine Togolaise. Je viens donc de l’Afrique Noire.

Twideco : Au cours de votre vie professionnelle ainsi qu’au moment de la création de votre société, votre couleur de peau vous a-t-elle été préjudiciable ?
Guy AMEGEE : Au départ, oui. Ma couleur de peau a été une faiblesse mais c’est également une force. Quand j’ai décidé de monter ma boîte, je ne voulais surtout pas ouvrir une enseigne de…, mais plutôt mon propre magasin, Amégée Optique. Malheureusement, j’ai senti des blocages. J’ai connu de nombreux refus de financements même avec un apport. On m’a fait sentir que je ne correspondais pas à « l’entrepreneur type », que l’on ne croyait pas en moi, ni en ma réussite. Et tout cela, à cause de ma couleur de peau. Il m’a donc fallu passer par une enseigne nationale qui, elle, m’a permis me montrer ma valeur. Depuis, c’est l’effet inverse qui se produit. Le bouche à oreille fonctionne bien et une fois que les retours sont positifs, ils permettent de monter très vite. Combien de fois j’entends dire de moi : « Tiens, c’est le noir qui m’a vendu ces lunettes… Il est très bien ».

Twideco : Vous a-t-on déjà déconseillé de poursuivre votre voie à cause de vos origines ?

Guy AMEGEE : Mon père nous a appris très tôt les choses de la vie. Sachant que l’on est d’origine étrangère, il nous a expliqué qu’il serait beaucoup plus difficile d’y arriver que les autres. Le seul moyen de réussir serait donc de travailler deux fois plus car pour les mêmes compétences, nous serions toujours dévalorisés par rapport à un blanc. C’est la règle et c’est ce que j’apprends à ma fille.

Twideco : Pensez-vous que les personnes de couleurs soient moins bien prises au sérieux que les autres dans le monde des affaires ?
Guy AMEGEE : Quand je suis arrivé dans le monde de l’optique, on m’a pris pour un rigolo. Personnellement, à partir du moment où l’on ne me prend pas au sérieux, et ce, sans me connaître, ni sans savoir ce que je vaux, je reste tranquillement en dormance à observer et ensuite seulement, je montre ce que je sais faire, sans prétention ni énervement. J’ai donc fait mon petit bonhomme de chemin, sans me vexer. J’ai ouvert un magasin puis un deuxième et maintenant, je suis propriétaire de quatre magasins. Ca, c’est ma revanche.

Twideco : La revanche, ça représente une motivation supplémentaire ?
Guy AMEGEE : Tout à fait. Quand ma fille rentre de l’école en disant « on s’est moqué de moi, on m’a traité de sale noire », je lui dis que c’est l’apprentissage de la vie. Je lui explique que ça va toujours se passer comme cela dans sa vie et que ça lui permet de se forger un mental pour l’avenir. Il faut se battre au quotidien et les portes sont rarement ouvertes. J’ai d’ailleurs une anecdote qui illustre bien cela. J’ai passé, un jour, un entretien téléphonique avec un homme qui allait devenir mon futur patron. L’entretien s’était très bien passé mais il avait dit à sa secrétaire qu’il m’avait trouvé un petit accent. Il voulait me faire venir pour s’assurer que je n’étais pas noir. Non pas qu’il était raciste mais parce que sa clientèle était un peu réticente à la diversité. J’ai fait l’entretien, qui s’est très bien passé, et j’ai été pris mais il a fallu que je sois excellent. C’est pour cela que je dis qu’il faut vraiment être meilleur que les autres pour s’affirmer en tant que minorité ethnique.

Twideco : Comment pensez-vous que les choses pourraient changer ?
Guy AMEGEE : Je souhaite que les mentalités changent mais je ne sais pas si elles le pourront. Quand je vois autour de moi le nombre de jeunes qui cherchent, ne serait-ce qu’un stage, et qui n’en trouvent pas alors qu’ils sont tout aussi compétents que d’autres, je ne suis pas convaincu que les mentalités changeront un jour. Il m’est arrivé d’aller chez le cuisiniste dernièrement pour acheter une cuisine. Le cuisiniste m’a dit : « celle-ci est certainement un peu cher pour vous, allez voir celle là. » Pour les voitures, c’est pareil. Les mentalités et les préjugés ont la vie dure. Hormis se battre pour se faire accepter, je ne vois pas d’autres solutions. Nous ne pouvons pas attendre que les mentalités changent pour avancer, si tant est, qu’elles changent un jour.

Twideco : L’Etat se doit-il d’intervenir sur ces problématiques ?
Guy AMEGEE : Je ne pense pas que l’Etat doive intervenir. On ne peut pas imposer une loi ni des quotas. C’est à nous de nous affirmer. Je pense que c’est notre rôle, à nous qui avons réussi, de montrer l’exemple à toutes les minorités que l’ont peut y arriver.

Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entrepreneuriat des minorités ?

Guy AMEGEE : Actuellement, l’entrepreneuriat des minorités se trouve à majorité dans les domaines du nettoyage ou du gardiennage, domaines en équilibres très précaires. Une entreprise ouvre chaque jour et deux ferment le lendemain. Beaucoup de personnes issues des minorités souhaitent entreprendre et ce, dans le but de sortir de la précarité en créant leur propre emploi. Mais ce n’est pas donner à tout le monde d’entreprendre, comme on veut nous le faire croire. Tout le monde en est, certes, capable, mais pour cela il faut se former. La création d’entreprise, la fiscalité, le droit, etc.… ça s’apprend. Dans ce sens, je me sens vraiment une mission de donner l’exemple. Je me suis formé, j’ai eu le culot de m’affirmer en tant que tel et enfin, j’ai accepté de m’intégrer et de me mélanger. Dans mes agences, je ne pratique pas l’exclusion que j’ai connue. J’ai deux asiatiques, deux magrébins, cinq blancs, et un autre noir. Je ne fais pas de différences et je pense que c’est la clé de la réussite de l’avenir de l’entrepreneuriat des minorités.

Twideco : Quelques mots sur la situation actuelle de vos agences ?
J’ai démarré sur le magasin de la Source il y a 15 ans. Ensuite, j’en ai créé un deuxième que j’ai localisé à St Jean le Blanc. Le seul magasin que j’ai eu à racheter est un magasin qui se situe dans le centre Leclerc à Olivet. Enfin, il y a 4 mois, nous avons ouvert un magasin, en association avec mon frère, dans la zone de St-Pryvé Candolle. Il démarre très bien.

Twideco : Quelles sont vos perspectives pour 2010 ?
Il y a des projets en cours mais ils sont encore un peu confidentiels. Rappelez-moi dans six mois et je devrais avoir de bonnes nouvelles à vous donner.

Twideco : Sur quels axes stratégiques travaillez-vous ?
Nous travaillons le cœur du marché, nous ne sommes ni trop haut de gamme ni trop bas de gamme. Nous sommes assez populaires aujourd’hui car nous communiquons beaucoup avec Johnny Hallyday. Concernant mes magasins, les Amégées, j’ai axé notre démarche vers les comités d’entreprises. Nous sommes quasiment les seuls opticiens de la zone à nous déplacer d’entreprises en entreprises pour proposer des partenariats avec les entreprises. Il nous arrive également de faire des dépistages visuels lors de nos visites. C’est très simple : nous contrôlons s’il y a un besoin ou pas de lunettes. Et si besoin il y a, nous envoyons la personne chez l’ophtalmologue.
Nous avons également une sensibilité à l’humanitaire. Nous récupérons les anciennes lunettes, en boutique et en entreprise, des possesseurs-porteurs de lunettes pour les envoyer dans le tiers monde. Il arrive même que l’on se déplace nous-mêmes pour aller équiper des enfants ou des adultes dans le Tiers-monde, au Burkina Faso en particulier. Nous faisons cela dans le cadre de l’association Jérémie qui fonctionne avec Optic 2000.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Mars 2010 à 09:22
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